La France Insoumise se sent « injustement » exclue du jeu des Municipales à Laval

La France Insoumise (FI) à Laval regrette profondément de ne pas pouvoir faire partie du rassemblement des forces de gauche à Laval qui a conduit à la liste Laval, Écologiste et Solidaire. Une liste emmenée par EELV avec plusieurs partis politiques de gauche, adossée à des militants associatifs. Les Insoumis lavallois expliquent avoir adhéré rapidement au collectif qui s’était réuni en juillet 2019 et qui militait pour un large rassemblement à gauche en vue des municipales. Un appel dit du 14 juillet émanant du PCF, de Génération-s et de la Gauche Républicaine et Socialiste auquel la FI avait répondu très favorablement et dans lequel elle souhaitait s’inscrire, ne posant qu’une seule condition. Mais, entre l’envie et la réalité en politique, et sur le terrain les négociations, il y a un espace...

La déception et l’amertume de la France Insoumise lavalloise

Par Bruno Rey*


La France Insoumise lavalloise aurait voulu soutenir un programme avec et pour les citoyens. En réaction à l’annonce de candidature de la liste Laval Écologiste et Solidaire, les militants et militantes de la France Insoumise tiennent à préciser le déroulé d’un certain nombre de faits qui ont conduit à leur exclusion du collectif « citoyen du 14 juillet » qui souhaitait réunir toute la « gauche » pour les municipales à Laval.

Dès le départ, les insoumis ont participé à des rencontres suite à cet appel lancé avec le PCF, Génération-s et la Gauche Républicaine et Socialiste. En septembre, après avoir consulté l’ensemble de ses militants, la FI a soutenu cet appel, entre temps renommé « Laval ville solidaire ». Les insoumis, considérant que le Parti Socialiste avait trahi la gauche, ils ne souhaitaient pas entamer de dialogue avec ceux qui avaient propulsé Emmanuel Macron au pouvoir.

Pourtant en octobre, avec EELV, « le collectif » avait entamé un travail commun avec le Parti Socialiste, qui s’est renommé pour l’occasion des Municipale Demain Laval ! Fidèles à notre décision commune, nous nous sommes mis en retrait tout en prédisant un fiasco pour les futurs négociations, le Parti Socialiste ne cherchant à notre avis qu’à gagner du temps pour désorganiser un potentiel rassemblement à sa gauche.

Nous apprenons mardi dernier (12 Novembre) que le fiasco pressenti avait bien eu lieu. Un des participants aux négociations a contacté un insoumis pour l’informer que les négociations avaient été rompus avec le Parti Socialiste, sans que nous n’ayons plus de détails. Nous apprenions également qu’un réunion entre le « collectif  14 juillet », des associatifs et EELV allaient avoir lieu le lendemain. Estimant que la condition fixée par les militants de la FI, à savoir ne pas travailler avec le PS, étaient à nouveau réunies, nous avons donc sollicité notre présence à cette réunion. Il nous a été répondu qu’elle n’était pas souhaitable, sans donner de raison. Cela s’est fait par SMS. Nous avons pensé dans un premier temps qu’ils voulaient se retrouver pour mettre leurs idées à plat avant de lancer une nouvelle dynamique de rassemblement. Mais il n’en fut rien. Alors que nous étions prêts et motivés à apporter notre contribution, la rupture allait se consommer. Après plusieurs jours de silence nous avons appris l’annonce d’une liste de « rassemblement » à gauche. Rappelons que notre mouvement mène également un combat pour plus de démocratie, d’écologie et de solidarité.

Dans ces conditions les insoumis Lavallois souhaitent, vous le comprenez, se dégager de toute responsabilité à propos d’éventuelles accusations qui pourraient venir concernant par exemple un « refus de soutien ou de participation» de la part de la FI à ce qui devait être au départ une liste citoyenne de « gauche » mais qui  n’est en fait, à l’arrivée, que le résultat d’accords entre appareils politiques où le citoyen n’a pas eu son mot à dire.

Des militants lavallois en « action » dans le quartier Saint-Nicolas à Laval entre les deux tours de la Présidentielle de 2017 – © leglob-journal

Nous prenons donc acte de cette exclusion que nous considérons comme arbitraire. Elle met en lumière une conception de la politique que nous dénonçons. Pour notre part nous poursuivrons notre présence au contact des citoyens, notamment en menant des actions pour informer sur le référendum contre la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), en soutenant le mouvement des Gilets jaunes et la mobilisation syndicale contre la réforme de retraites.

*Bruno Rey est co-organisateur du groupe d’action Laval ville insoumise


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