Laval, Écologiste et Solidaire : une liste de (presque) rassemblement

« Laval, Écologique et Solidaire » souhaite réaliser l’alternance et sortir le maire sortant François Zocchetto (UDI). Elle se présente comme une liste « ouverte aux citoyens, aux membres des associations, à toute personne désireuse de plus de justice sociale, d’une meilleure prise en considération des enjeux climatiques et de porter un projet innovant, porteur de valeurs. » Objectif : réaliser la transition écologiste dans une ville comme Laval, « ce qui ne peut pas se faire au détriment des plus démunis ».

« Une liste à gauche », point barre

Par Thomas H.


Flirter sur l’air du temps et « concilier localement écologie et solidarité ». Pour ce faire dix noms ont déjà été dévoilés. Avec dans les cinq premiers, ceux qui seront sur la liste définitive ; trois militants de deux partis politiques (EELV et le PCF) et deux militants de la société civile. C’est un signe, souligne-t-on.

Florent Durrey (EELV) 37 ans sera tête de liste de Laval, Écologique et Solidaire. Il est devant sa camarade des Verts Isabelle Eymon, enseignante et conseillère municipale d’opposition. Appelé à siéger depuis 2018, elle estime que des têtes nouvelles dans le concert politique, « c’est rafraîchissant » .

Justement, Camille Pétron (PCF), la trentaine, – elle travaille à la Ligue de l’Enseignement 53 à Laval sur le développement d’outils numériques aux services des associations – sera à la quatrième place derrière Adrien Deparis, un ex-Secours Populaire et co-fondateur de L’Autre concertation. On se souvient que ce collectif est venu chambouler sérieusement les plans du maire sortant concernant la rénovation de la Place du 11 novembre. « Le cœur de ville ». Efficace, la manœuvre numérique a fait changer de braquet le maire de Laval et cela valait bien, peut-être, une bonne place sur la liste.

Camille Pétron (PCF) est juste devant Patrice Morin que l’on présente comme un « dirigeant associatif » (Foyer Revivre et Colledis). D’ailleurs, on devrait reparler de la problématique « Logement et hébergement, développe Patrice Morin. Avec la réduction des poches de logements insalubres sur Laval, un grand chantier sur lequel la collectivité doit donner son concours, ce qui n’est pas le cas actuellement.». Des personnalités de la société civile, engagées politiquement, venues du monde associatif, aux cotés de militants encartés dans des partis politiques, c’est un mix classique… Mais pour Florent Durrey, c’est plus profond : « L’encrage local, ce n’est pas que de l’affichage » lance-t-il.

Une liste « pour ne former qu’un »

« Après de nombreuses semaines de rencontres, d’échanges et de travail en commun, [Y compris avec le collectif Demain Laval ! soutenu par Guillaume Garot, NDLR] (…) des forces politiques (EELV, Gauche Républicaine et Socialiste (GRS), Génération-s, PCF et PRG-Le Centre Gauche), associatives, et citoyennes, déterminées à apporter plus de justice climatique et sociale pour Laval se réunissent pour ne former qu’un. » disait le communiqué de presse envoyé le vendredi 15 Novembre 2019 annonçant la conférence de presse de lancement de la liste programmée le Lundi d’après.

Guillaume Agostino, Patrice Morin, Adrien Deparis © leglob-journal

La gauche est certes plurielle, mais mais elle n’est pas exhaustive : ll n’y a pas de Parti socialiste dans cette « liste de rassemblement qui a le soutien de Claude Gourvil ». Ni de France Insoumise. « L’absence de PS, c’est un problème de confiance. Objectifs et manière de faire, comme le calendrier par exemple ne nous correspondaient pas. On ne s’y retrouvaient pas. Mais nous ne voulons pas polémiquer…» développe Florent Durrey. Un problème de leadership.

« Le programme est en cours de co-construction » avoue celui qui a été désigné par le groupe comme tête de liste. C’est un militant politique encarté EELV depuis cinq ans et adhérent associatif, – il est secrétaire de l’association Place au Vélo. Plutôt discret, Florent Durrey parle posément. Cet ingénieur qui estime que sa profession, c’est « la recherche de l’optimisation sous contraintes » sait qu’il faudra justement tenir compte des éléments de chiffrage du rapport de la Chambre régionale de comptes des Pays de la Loire (CRC) sur la gestion de la ville de Laval qui a été rendu public dernièrement. « Il faudra, ajoute-t-il, chiffrer nous mêmes nos propositions de façon crédible, c’est pour cela que nous ne définissons aujourd’hui que des grands objectifs, sans entrer dans les détails » Il est un fait que selon la CRC, les « marges de manœuvres sont limitées et nous ne devons pas faire de promesses qui ne sont pas tenables». En clair, tenir compte de l’héritage.

« Des valeurs communes »

« Laval, Écologique et Solidaire est une liste à gauche!» recadre gentiment mais fermement, Guillaume Agostino, cofondateur de la GRS sur la Mayenne avec Steve Rattier et Michel Sorin, quand on lui demande de définir politiquement la liste sur l’échiquier. C’est « Une liste à gauche! » sous-entendu, ni « à gauche toute » ni de cette gauche que propose le collectif Demain Laval soutenu par Guillaume Garot. « Vraiment écologiste et solidaire ». Point barre.

Chacun prend la parole à tour de rôle et s’exprime sur le pourquoi de sa présence sur Laval, Écologique et Solidaire. Michel Neveu (Président du PRG – Le Centre Gauche et l’Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité ) estime que « les radicaux vont s’engager dans cette liste ; nous avons une vision d’humanisme, de solidarité et de laïcité à défendre ». Martine Queffelec de Génération-s, cheffe d’entreprise et lavalloise depuis 10 ans : pour elle, « il s’agit de ne pas alourdir la facture écologique pour nos enfants et petits enfants ».

Michel Neveu, Adrien Deparis, Isabelle Eymon, Guillaume Agostino, Florent Durrey, Patrice Morin et Martine Queffelec © leglob-journal

« Une confiance réciproque entre nous »

Steve Rattier sera le directeur de campagne. C’est un ex-adhérent déçu du Parti Socialiste. Il avait été élu secrétaire de l’importante section PS de Laval et, démissionnaire, il est passé ensuite à la GRS créée par Emmanuel Maurel transfuge lui-même du parti de Guillaume Garot. « C’est évident que pour nous, Guillaume Agostino et moi qui sommes Gauche Républicaine et Socialiste, il fallait être sur cette liste... »

Chacun finalement trouve dans cette liste de rassemblement à gauche un prolongement vraiment politique à son engagement associatif, ou de « citoyen engagé dans la ville », et il semble, en apparence, que le débat soit possible. Par l’écoute. « Nous parlons différemment, tous avec nos valeurs communes, mais ce qui fait le ciment de Laval, Écologiste et Solidaire – qui se veut une alternative crédible à l’équipe de François Zocchetto -, c’est la confiance réciproque entre nous… » conclue Florent Durrey.


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