Point de système de retraite par points, scandent en Mayenne, les syndicats

« Convergence », « coagulation », « cristallisation », on ne compte plus les termes pour dire la crainte pour le gouvernement de voir la mayonnaise prendre comme en 1995. Le 5 décembre 2019, il est question de « faire un front du refus » concernant la réforme des retraites, le « système universel par points » voulu par le chef de l’Etat, au nom de l’égalité. Combien seront-ils en France et en Mayenne à manifester ? Ce qui importe disent les syndicats, c’est d’éviter de « gommer l’histoire ».

« Pas question de battre retraite le 5 décembre»

par Thomas H.


Des syndicats presque unanimes, car dans le concert actuel de protestation, il manque la CFDT. La centrale syndicale n’appelle pas. Pourtant « en mettant un trait sur les 42 régimes spéciaux qui sont des acquis depuis le Conseil national de la Résistance», le gouvernement d’Édouard Philippe, – disent les quatre syndicats qui appellent – de concert – à descendre dans la rue -, compte bien « baisser le montant de toutes les pensions ».

Pour la CGT, FO, FSU et Solidaires avec le concours d’une partie des lycéens ( MNL53), il s’agit pour Emmanuel Macron, comme le dit Sébastien Lardeux de l’Union départementale Force Ouvrière 53, de «  niveler par le bas et de créer des salariés très vieux et des retraités très pauvres. » Fait notoire, la CFE-CGC, c’est-à-dire les cadres, appelle aussi à rejoindre le mouvement.

Le 5 décembre, c’est clair. Selon Isabelle Vitry Brochard de la CGT 53, « il ne s’agit ps de défendre les régimes spéciaux mais bien le système français de retraite par répartition.» Pour les syndicats, il ne faut pas se tromper de cible, « au nom de l’égalité on veut démanteler le système de retraite actuel pour faire la part belle au système de capitalisation » . Pour Jean-Marc Bedue de Sud, « le cheval de Troie de cette réforme du gouvernement, c’est un basculement complet de paradigme et les banques sont prêtes… »

Le spectre de 95

On se souvient des centaines de milliers de manifestants qui avaient fait « plier le gouvernement Juppé qui avait retirer son projet de réforme ». Le mouvement s’était inscrit dan la durée sur plusieurs semaines. Cette fois, c’est bien le même scénario qui est envisagé. Pour Isabelle Vitry Brochard, « ce qu’il faut, c’est inscrire le mouvement dans la durée en étant nombreux dans les rues bien-sur, mais en arrêtant aussi la production et en bloquant l’économie. »

« On ne peut pas gommer l’histoire sociale de ce pays » contenue dans les bibliothèques, ici à la Maison des syndicats à Laval – © leglob-journal

Pour FO, « Ce n’est pas une bonne réforme. C’est en fait une réforme permanente, car le gouvernement va faire ce qu’il veut avec la valeur du point à l’achat tout au long de la carrière du salarié et aussi au départ, à la prise de la retraite, c’est-à-dire à la revente ». Pour Gérard Pigois de la FSU « L’exécutif ne met pas en place d’outil pour faire des simulations. c’est révélateur. Le SNES l’a fait, et les calculs font apparaître en moyenne une baisse de 30 % du montant des pensions avec le système de retraite par points. »

« C’est vrai que la valeur du point pourrait baisser arbitrairement pendant la retraite, souligne Sébastien Lardeux (FO). Avec cette réforme, il n’y aura plus de paritarisme possible ». Rien, à entendre donc les quatre syndicats, présents à ce point presse, ne garantirait le montant des pensions. « Une seul chose connue est le nombre de points achetés. Les valeurs d’acquisition et de service du point pourront être modifiés chaque année par le gouvernement en fonction d’une estimation de l’espérance de vie, de la conjoncture économique, la situation financière… Il en sera de même, écrivent les syndicats dans leur tract commun, pour tous les paramètres d’ouverture des droits »

Un besoin important de pédagogie

Le mouvement des lycéens sera présent à Laval. Et aussi en France. Du moins est-il annoncé sur le papier. Et de ce point de vue là, les jeunes qui disent régulièrement qu’ils n’auront pas de retraite, sont une cible à privilégier reconnaissent les organisations syndicales qui étaient présents à cette conférence de presse. Tous étaient d’accord pour dire qu’ils ont « un rôle pédagogique à mener auprès de la jeunesse mais aussi des salariés » qui estiment que rien n’est plus possible en matière de retraite et de système de répartition, et que le chemin de la réforme est tout tracé pour aller vers une extinction du système mis en place après la Seconde guerre mondiale .

« Mais on ne peut pas gommer l’histoire sociale de ce pays! » lance Chantal Lassalle, (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) et siégeant au bureau exécutif de Force ouvrière 53. Pour ce faire insiste la CGT, dans la voix d’Isabelle Vitry Brochard, « il faut bloquer les entreprises en Mayenne, même quelques heures, cela suffit ; et nous avons des remontées qui vont dans ce sens…Le bloquage de la production, ça fait mal aux chiffres d’affaires et aux dividendes aussi ! Et ça, les patrons, vous savez, ils n’aiment vraiment pas… »


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