Pourquoi je vais aller marcher sur Paris – Par Marie-Anne Bouchon

Ils sont une trentaine de participants, « un groupe de citoyens et de citoyennes, syndiqué.e.s ou pas », tous opposés au système de retraite par points que le gouvernement veut imposer. Ils ont décidé d’organiser une marche militante partant de Laval – du Square de Boston – lundi 17 février 2020 pour rejoindre Paris et l’Assemblée nationale pour y rencontrer les députés. Cette marche fera à Chartres, par exemple, un pique-nique solidaire. C’est une façon de continuer à se faire entendre, tout en dialoguant tout au long du chemin, au fil des rencontres. Jusqu’au Palais Bourbon.

En marche pour le retrait

Par Marie-Anne


Un vendredi soir, à 17h30, c’est l’Assemblée générale de secteur Jacques Monod. Nous sommes trois : Thierry, Julie et moi. Mes comparses me font part de l’envie des profs qui sont mobilisés dans le collège d’organiser une marche vers l’Assemblée nationale.

Je suis syndicaliste à Solidaires / Sud éducation, et à ce moment-là, cela fait deux mois qui je suis engagée avec mes camarades de tout bord syndical, dans le mouvement social contre la réforme des retraites.

Deux mois de manifestations, de réunions intersyndicales, de tractages, où on essaie de trouver des idées à chaque fois différentes pour animer « les manifs » : les trois brigands d’Angèle, le black-rock de Guillaume et le « macronavirus » de katell, la chorégraphie des filles de Béné, le Haka…

Des idées pour faire passer le message que ce projet de réforme est un projet anti-social contrairement à ce qu’on voudrait nous faire croire et que nous sommes les plus nombreux (ceux qui subissent les lois libérales qui s’accumulent depuis des dizaines d’années), et que nous devons relever la tête et nous retrouver dans la rue.

« Le soutien de la population à 60 % »

Nous avons réussi à continuer les mobilisations malgré les vacances de Noël. Nous avons le soutien de la population à 60 %. Là, ce sont les vacances de février pour les enseignant.es, fortement engagé.es dans le mouvement. Comment maintenir la mobilisation ? C’était ma question, lorsque Thierry me fait part de leur idée.

Et une nouvelle question est venue alors : et pourquoi pas? Et si pour une fois cela partait de la Mayenne ? Et puis, qu’est-ce qu’on risque à essayer ?

C’était parti. L’idée était lancée. Nous voilà, tous et toutes sur le pont à activer les réseaux militants de la Mayenne, de la Sarthe, de l’Eure et Loire, des Yvelines… Et ça répond ! Maria, Marie-Luce, Ghislain, Thibault, Claudie , Damien, David, Bernard, Philippe, Alain… En dix jours tous les hébergements sont trouvés et dans les petites villes ou plus grosses où nous passerons. Les gens se mobilisent pour organiser notre accueil, pour médiatiser et faire parler encore et toujours de la réforme des retraites.


La banderole des marcheurs solidaires – Photos © leglob-journal

Mais cette marche pour moi, au-delà des retraites , c’est aussi une aventure collective de gens qui veulent un autre monde.

Un monde où on prend soin des petits, des vieux , des fragiles.

Un monde où chacun a sa place, et y trouve un sens.

Un monde qui protège, qui instruit, qui soigne, qui nourrit.

Un monde où ce qui prime, c’est l’humain et son environnement.

Un monde où l’on se tend la main pour que tout le monde y arrive, et pas un monde où on écrase les faibles pour être le plus fort, tout en haut.

Cette semaine, ce sera un expérience de solidarité et d’entraide, une semaine de vie dans le monde que je veux. Et je sais qu’on en reviendra fatigué.es mais ravi.es. Je sais que nos liens se seront renforcés et que nous serons encore plus fort.es demain et les jours qui viendront, pour mettre nos forces dans la lutte. Pour que le monde de nos enfants ne ressemble plus à ce qu’il est aujourd’hui.

Et j’espère que nos tam-tam résonneront fortement aux oreilles d’Emmanuel Macron quand nous entrerons dans Paris. J’espère que les passants, les oublié.es, les laissés-pour-compte, les utopistes, les rêveurs, etc. nous rejoindront et que notre vent d’espoir et de détermination parviendra, au moment du vote, à réveiller la conscience des député.es.


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