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« Rien ne sert de courir, il faut partir à point », ce pourrait être l’adage applicable à la République en Marche 53. « « Des militants, nous dit Georges D. n’ont de cesse de nous rappeler, qu’il vaut mieux prendre le temps d’organiser le mouvement mayennais que de gesticuler dans le vide  ». Mais la seule nouveauté concernant LREM53 : c’est au sein du conseil départemental de la Mayenne,en interne, la création d’un groupe En Marche ! autour de la conseillère départemental Valérie Hayer, [Une information révélée par le Courrier de la Mayenne, NDLR]. LREM 53 donne l’impression, vu de l’extérieur, et au regard de l’enquête effectuée par Georges D. de n’avoir pas beaucoup évolué.

Par Georges D.

Dix mois après l’élection d’Emmanuel Macron, LREM53 sort sur le terrain et semble vouloir quitter ses réunions à huis clos. Le mouvement devait se lancer dans le « porte à porte » sur l’Europe à partir de ce samedi 24 mars 2018, mais cette opération nationale et médiatique est annulée en raison des événements de l’Aude ; deux idées - le « porte à porte » en allant à la rencontre des électeurs et l’Europe - qui avaient permis au candidat Emmanuel Macron de se faire connaitre et reconnaitre comme pro-européen. Une opération pour peut-être aussi se roder pour les prochaines élections locales à venir. Les Municipales en ligne de mire.

Mais globalement la République en Marche 53 avec à sa tête Phillipe Morisset semble encore en gestation et dans l’invisibilité médiatique. Le groupe autour de Valérie Hayer créé au Département lui donne un peu de clarté, mais c’est bien tout. Avec un budget départemental réduit en provenance du siège parisien, cela restreint ; il est vrai, les possibilités et les marges de manœuvres. Que ce soit sur le terrain, dans les autres médias ou sur les réseaux sociaux, LREM 53 s’est montré aussi actif que certains députés d’En marche !

Image capture du site En Marche ! 53, avec le premier groupe de marcheurs avant la présidentielle

Depuis nos révélations sur En Marche 53 qui ont troublé le bon ordonnancement de la communication officielle, leglob-Journal n’est pas apprécié au sein du mouvement mayennais. Mais peu lui importe. Créer un mouvement politique localement ne va pas sans atermoiements, et il est vrai également que de nombreuses circonstances atténuantes peuvent expliquer ce qui peut apparaitre comme un retrait involontaire de la scène politique en Mayenne. Ainsi, LREM53 a subi, comme dans beaucoup d‘autres départements, l’érosion des militants les plus actifs à la fin des élections présidentielles et législatives. À défaut d’être visible et d’exister publiquement durant ces 10 derniers mois, LREM53 a surtout été le théâtre de batailles d’égos, de défections, de calomnies, de désertions ou de ressentiments.

Temps de rodage

Et la période de rodage qui perdure depuis trop longtemps a fait fuir les militants, en particulier les « macronistes de gauche », au profit des derniers opportunistes et des « militants arthuistes ». La propension aussi à utiliser la langue de bois, à avancer masqué, ou bien à se froisser après la publication d’articles, ou face à des questions perçues comme embarrassantes et posées par les journalistes lors du seul point presse organisé est le reflet de ce trop long temps de rodage.

Néanmoins, il y a eu le « succès de la Convention » LREM53. Elle s’est déroulée le 20 janvier 2018, avec la présence d’une soixantaine de personnes et des députés Sylvain Maillard et Géraldine Bannier, ainsi que Jean Arthuis. Beaucoup de militants l’appellent le « patriarche ». Tout cela pouvait faire penser que la locomotive LREM 53 s’était mis en mouvement pour de bon. Cette convention faisait suite à l’élection fin novembre des nouveaux animateurs du comité de Laval, Olivier Lohéac et Rihaoui Chanfi, qui remplaçaient Vincent d’Agostino. Ce dernier prenant de nouvelles fonctions au sein du bureau départemental dirigé par Philippe Morisset.

Mais la locomotive semble être de nouveau en panne d’idées, car c’est silence radio au sein de LREM 53. Selon nos informations le réfèrent départemental, Philippe Morisset, aurait un peu de mal à assembler son équipe départementale ; notamment à trouver des figures féminines et un chargé de communication. Au niveau des comités locaux, qui sont, rappelons-le, au nombre de cinq en Mayenne, c’est également calme plat. « Pour ne pas changer » nous disent certains marcheurs qui finissent par se confier, et qui insistent sur le fait qu’« à part les comités de Meslay-Grez et de Laval, il ne se passe pratiquement rien dans les autres comités depuis mai 2017 ». Le jour de la Convention, il semblerait que «  seuls ces deux comités [aie]nt présenté des projets citoyens ».

Selon le site En-marche.fr, les projets citoyens sont «  des actions locales qui visent à améliorer concrètement le quotidien des habitants dans son quartier, son village, en réunissant la force et les compétences de tous ceux qui veulent agir  ». Étienne Lacourt, responsable pôle projet, parle d’« actions non partisanes, menées par des facilitateurs locaux dans le but de s’immerger dans les associations locales, et des projets locaux en utilisant les compétences du réseau. » Très bien.

Les défaites des candidats LREM lors d’élections législatives partielles récentes, ont révèlé deux choses : la fin de « la vague macroniste » et l’insuffisante implantation locale du mouvement. «  L’ancrage local est un enjeu majeur pour notre mouvement car nous voyons que nos candidats résistent moins bien lorsqu’ils ne sont plus portés par un élan national comme en juin », analysait le vice-président du groupe LREM, Gilles Le Gendre dans le journal Le Monde.

Ancrage local majeur

En Mayenne, l’effet de souffle de la présidentielle a aussi disparu. L’implantation locale est encore rudimentaire. Leglob-journal ne connait pas par exemple le nombre d’élus mayennais soutenant officiellement La république en Marche 53. S’il se sont manifesté lors de la campagne présidentielle, ils sont à présent en sommeil, excepté le groupe d’élus constitué au conseil départemental.

En Marche ! 53 au tout début. On reconnait Philippe Morisset et Josselin Chouzy, la main sur la bouche. À droite, de dos et assis Aurélien Page, référent départemental à l’origine du mouvement - (c) Photo leglob-journal

Les défaites aux sénatoriales de septembre 2017 en Mayenne offrent aussi la démonstration de ce besoin pour le parti présidentiel de se bâtir une citadelle locale à même de résister aux assauts du temps. De ce fait, en Mayenne, comme dans de nombreux territoires français, le maillage territorial, la construction d’un réseau dense et varié seront l’enjeu des prochains mois.

Les projets citoyens seront «  la clé de cette stratégie de maillage, afin de préparer les prochaines élections. » estime un marcheur. L’objectif de ces initiatives citoyennes, qui seront pilotées par les animateurs locaux est de positionner le parti comme un nouvel acteur presque hybride, à la fois politique et social, qui pourra travailler avec les associations locales, avec lesquelles les cadres de LREM assurent vouloir agir. Comme on a pu le voir en tout cas dans certains de leurs tweets.

Ces ambassadeurs auront sans doute également pour mission d’incarner des « figures locales » associées à LREM, notamment dans la perspective des élections municipales de 2020. « L’idée de ce programme est de permettre à de hauts potentiels associatifs et politiques de se développer » confirme Astrid Panosyan, cofondatrice d’En marche ! Mais derrière ces « projets citoyens » se dissimulerait une volonté de faire de la politique à l’ancienne, en tentant de connaître aux mieux le terrain, en se rapprochant des responsables associatifs ou des syndicats dans le but de créer des alliances, des réseaux locaux ou des relais auprès de la population.

Pas de figures de prou

En Mayenne, l’enjeu sera colossal. En effet, à deux ans des élections locales, aucune personnalité ne semble se distinguer. Que ce soit du coté des animateurs locaux ou des cadres départementaux. Aucun ne semble sortir du lot.

On connaît bien sûr les ambitions de Josselin Chousy pour la Mairie de Mayenne. Celui-ci mise sur la volonté de Michel Angot de ne pas se représenter. Une option qui était encore plausible jusqu’aux dernières élections sénatoriales de Septembre 2017, mais la défaite du maire de Mayenne aura pu remettre en cause cette option. Et sans ce retrait, on ne voit pas comment Josselin Chousy peut envisager une victoire dans la ville du « grand nord » du département. Et puis malgré ses bons résultats lors des législatives de 2017, il ne semble, selon des militants, plus très actif. Certains estiment qu’« il n’a pas réussi à surfer sur sa bonne campagne législative ».

Concernant le réfèrent départemental Philippe Morisset, conseiller municipal à Saint-Berthevin, on ne connaît pas sa position, ni sa volonté. Il a déclaré au glob-journal qu’il n’avait pas repris sa carte à l’UDI. Mais il semble peu évident selon des témoignages qu’il ait l’ambition de se présenter ou de soutenir une liste contre Yannick Borde. En tout cas, en temps que chef départemental de LREM 53, des voix disent qu’il ne peut pas continuer, en l’état, « à faire l’autruche » et à retarder son positionnement.

Pour ce qui est à présent de Valérie Hayer, il semblerait que son principal objectif soit d’être en position éligible sur la liste LREM aux prochaines élections européennes qui vont se dérouler en 2019. On lui prête en effet comme ambition de « remplacer Jean Arthuis, et devenir députée européenne » ; il semble que le mayennais n’ait pas l’envie de vouloir se représenter. N’avait-il pas déclaré dans les colonnes du glob-journal en mai 2017 « Ça devient compliqué ! Vous savez, député européen, ce n’est pas une sinécure ! Trimbaler sa valise comme je le fais entre deux gares régulièrement, c’est ce que je vis. l’Europe ? Je voulais voir et je vois ...un simulacre d’Europe. »

La photo officielle scellant la convention LREM 53 fin janvier 2018 avec notamment Jean Arthuis au coté du référent départemental Philippe Morisset - Photo LREM 53

Enfin, les positionnements des deux autres têtes d’affiches lavalloises Béatrice Mottier ou Raymond Mauny restent dans le flou. Tandis que la 8e adjointe de François Zocchetto en charge de « l’attractivité, de l’innovation et de la prospective » se fait très discrète chez LREM 53 depuis sa défaite aux législatives, Raymond Mauny, lui s’est fait mettre au ban du bureau d’En Marche 53. Il a disparu des radars alors qu’il était l’un des historiques du mouvement macronien en Mayenne. ce qui lui a couté c’est son soutien à Monique Bourgoin lors des sénatoriales. Ce qui manifestement n’a pas plu localement en haut lieu.

Au vue de tous ces éléments, il semble donc impératif que le parti présidentiel en Mayenne s’emploie à former de nouveaux cadres localement qui pourraient devenir ses futurs visages aux municipales. À moins que Paris ne décide de faire des alliances avec certains maires sortant considérés comme « constructifs » ou bien comme on dit « macron-compatibles ».

Il pourrait s’agir de ne pas présenter des candidats face à des maires sortants, tel que celui de Changé par exemple ; Denis Mouchel avait parrainé, souvenons-nous, Emmanuel Macron. Ou bien celui de Laval où François Zocchetto semble vouloir jouer la carte des « constructifs  » lui aussi. Mais vouloir n’est pas suffisant, il faut pouvoir. Un choix stratégique de positionnement politique qui ferait à nouveau des déçus et des frustrés dans le camp du Président. Remue méninges à tous les étages et en toutes directions, et repositionnent nécessaire.

En tout cas, l’émergence, pour reprendre la formule, du « nouveau monde » qui doit se mettre en marche dans le paysage politique mayennais a un peu de mal à s’ancrer ; "en même temps" les municipales, considérées comme le premier réel enjeu local à venir, pourront être analysées sans nul doute comme le signe ou non de la réussite du mouvement des marcheurs mayennais.

Photo de Une : Capture Photo Twitter de la convention en Juillet 2017. On reconnait au centre Philippe Morisset, à droite Philippe Gatel animateur Évron, à gauche Vincent d’Agostino chargé des projets engagement citoyen et Europe, et de profil Benoit Lebreton animateur Sud-Mayenne.


1 commentaire
  • Bonjour, En dehors de toutes vos affirmations plus ou moins exactes, j aimerai préciser à vos électeurs que contrairement à ce que vous affirmez le comité de Laval est en mouvement. Et qu Olivier Lohéac et moi même nous portons des valeurs progressistes et de gauche. Le comité de Laval est composé de militants venus de divers famille que ce soit de gauche ou de droite, qui aujourd’hui travaillent en harmonie pour un même objectif, accompagner les orientations du gouvernement et faire vivre le mouvement dans notre agglomération.

    Rihaoui CHANFI ( co-animateur comité Laval)

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En pensant Europe et Municipales, LREM 53 n’en finit pas de se construire

Publié le: 23 mars 2018
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