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Après la tentative de coup d’État de cet été, la Turquie s’est engagée à l’extérieur de ses frontières dans des frappes dans le nord de la Syrie. Une guerre avec d’intenses bombardements de l’armée turque au cinquième jour de son opération appelé Bouclier de l’Euphrate. La Turquie affirme vouloir lutter avec « la même détermination  » contre les combattants kurdes et contre l’EI. La guerre, c’est donc l’apanage de l’autoritarisme gouvernemental. Et pour asseoir son emprise sur un pays, il faut également ne plus tolérer aucun opposant dans le périmètre de son action nationale.

- Par Monique Molière

Istambul de nuit Le loukoum turc n’est pas que douceur, loin s’en faut. À la suite de la tentative de coup d’État par l’armée en Turquie ce 15 juillet, le gouvernement de Recep Tayyip Erdogan s’en prend à la presse et à l’édition.

Dérive autoritaire, il décrète la fermeture de 131 entreprises : 16 chaînes de télévision, 23 radios, 45 journaux, 3 agences d’informations, 15 revues et 29 maisons d’éditions.

L’Association des éditeurs turcs Turkish Publisher Association s’alarme et alerte l’opinion internationale. Le pays est sur la pente savonneuse des violations des droits de l’homme. La machine gouvernementale laisse sur le carreau les employés privés de leurs droits, de leurs emplois et de leurs salaires, sans parler des pertes morales et financières.

Bâillonner la presse, les écrivains et la culture est l’acte premier des dictatures, même celles qui ne disent pas leur nom. Ces mesures, particulièrement inquiétantes, laissent présager d’autres musèlements de la parole.

En écho, on comptabilise déjà l’arrestation de cent trente-six avocats, procureurs et autres personnels de la Justice. Ainsi, la main de fer du pouvoir se referme sur les gorges susceptibles d’alerter et de mobiliser l’opinion publique. L’appareil judiciaire a été mis au pas de l’oie.

Ces mesures disproportionnées frappent également de plein fouet les milieux économiques au risque, non négligeable, de faire subir à la main qui châtie une forte régression.

Violations des libertés civiles

Il faut dire que les métastases du conflit syrien et la reprise des combats contre les rebelles kurdes du PKK accentuent la paranoïa du pouvoir, qui n’a jamais été franc du collier. L’insurrection kurde a coûté 40 000 vies mais l‘armée nie que ce peuple vit en Turquie, sa langue est interdite et ne peut être enseignée dans les écoles.

Cette discrimination était et est toujours d’actualité. Même les musulmans ne sont pas à l’abri de violations de leurs libertés civiles. Le port du voile, un devoir religieux pour les Sunnites, est désormais défendu pour le personnel de l’État et les étudiants à l’université.

Bien que la Turquie n’ait jamais été exemplaire en matière de droits, on peut affirmer aujourd’hui qu’elle a flanqué Atatürk aux oubliettes avec la fragile « liberté », liberté de pensée, liberté d’expression. Va-t-elle pouvoir stopper sa descente aux enfers et inverser la courbe en faveur de la démocratie ? Rien n’est moins certain.


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La Turquie foule aux pieds la liberté

Publié le: 31 août 2016
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