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« La remise à plat du dossier du Collège Fernand Puech », c’est la priorité affichée à la veille des vacances par le conseil départemental de la Mayenne, selon son président Olivier Richefou qui s’était, il faut bien le dire, un peu pris les pieds dans le tapis sur la question. D’où le « moratoire » qu’il explique avoir pris « en accord avec les conseillers départementaux de la majorité », la remise semble-t-il à beaucoup plus tard de la fermeture du collège public du centre ville et un CDEN qui n’a pas eu besoin de voter sur la question.

- Par Thomas H.

« La jeunesse porte les espoirs de l’avenir. Le conseil départemental se doit donc de leur offrir des conditions d’acquisition du savoir et d’ouverture d’esprit optimisées. » Ainsi s’exprime Olivier Richefou le président du conseil départemental dans son « éditorial  » de juin, qui annonce officiellement «  la suspension de la décision relative à l’hypothèse de fermeture du collège (…) et la création d’un comité de pilotage associant le conseil départemental, l’Éducation nationale et la communauté éducative (parents d’élèves, enseignants, personnels) auquel il reviendra d’évaluer la faisabilité et le montant des travaux nécessaires à la sécurité, à l’accessibilité et à la fonctionnalité pédagogique du site actuel du collège. »

Analyse

C’est donc le tout ou rien. De fait, dans ce dossier le mayennais passe de la « décision irrévocable », déclarée par voie de presse par le président du Département et prise manifestement de façon non "collégiale" à la « remise à plat  » qui suppose un long et lent travail de recherche du consensus, incluant le conseil départemental, et rassemblant plusieurs parties antagonistes. Pour Béatrice Mottier, adjointe au maire de Laval et conseillère départementale UDI, qui semble avoir œuvré dans le sens du moratoire, il a été décidé de « tout revoir, et de tout suspendre » et une « étude prospective à dix ans  » sera lancée afin de redéfinir la carte scolaire de l’ensemble des collèges publics de l’agglomération lavalloise.

Des mesures qui ont été annoncées en leur temps sans plus d’explications. Mais des mesures d’apaisement et de prises en compte des « expressions, opinions, et institutions de la République  » qui ressemblent sans aucun doute à une volte-face d’un Olivier Richefou - peut-être mis en minorité sur la question dans sa propre majorité – et qui ont été officiellement actées dans le bulletin départemental de Juin 2016 dans la voix du président.

La section de Laval-53 de la LDH, la Ligue des droits de l’Homme, dans un communiqué a annoncé être « inquiète  » du moratoire décidé avant les vacances concernant cette fermeture qualifiée d’ « arbitraire ». Elle appelle dans ce même communiqué « les défenseurs de l’enseignement à rester vigilants à l’évolution de ce dossier  » et le Département « à laisser aux parents d’élèves la libre possibilité de choisir entre l’enseignement public et privé en centre ville ». C’était clair.

Les organisations syndicales, les représentants des parents d’élèves, les élus qui ont participé au CDEN (Conseil départemental de l’Éducation nationale) avec le nouveau Préfet de la Mayenne et le nouveau Dasen (Directeur académique des services de l’Éducation nationale) ont entendu le conseiller départemental Michel Hervé dire en substance que si fermeture il y avait, la décision, de toute façon, ne pourrait être prise qu’en 2018 voire 2019. Frédéric Veaux n’a pas bronché. C’est lui rappelons-le qui est appelé à décider en dernier ressort ; en ce sens, le préfet Philippe Vignes son prédécesseur avait bien notifié à Olivier Richefou que c’était le représentant de l’État qui décidait et personne d’autre, en le rappelant à ses devoirs de respect de la législation.

Le « comité de pilotage » promis par le Département devrait travailler jusqu’à Mars-Avril de l’année prochaine ; à lui de faire vivre la concertation qui a tant manqué dans cette affaire, en liaison avec un cabinet d’experts qui sera indépendant, puisque choisi par le biais d’un appel d’offres, et qui devra se prononcer sur les « travaux, l’accessibilité et la fonctionnalité pédagogique » du collège. Un audit qui se voudra donc impartial.

Quant à la sectorisation, c’est-à-dire le lancement d’une étude pour « redéfinir la carte scolaire de l’ensemble des collèges publics de l’agglomération lavalloise  », elle pourrait être moins importante. Imaginons que le collège Fernand Puech ne ferme pas, il y aurait en effet moins d’élèves à dispatcher dans les autres collèges du secteur.

Un CDEN Mayennais qui n’a pas eu, contrairement à celui d’Ille-et-Vilaine à se prononcer lors de sa tenue, par le vote. Le CDEN breton s’était prononcé, lui, sur la fermeture du Collège Surcouf, à Saint-Malo, par 18 voix contre et 5 voix pour. Les syndicats, parents d’élèves, et un collectif qui s’était constitué, ont tous demandé qu’un moratoire d’une année soit mis en place pour étudier le problème de la fermeture sous tous ces aspects, et notamment celui de la sectorisation. Un vote qui n’a qu’une valeur consultative.

Et justement pour revenir à la Mayenne, les organisations représentatives des enseignants ont souligné par écrit le rôle du CDEN qui à laissé selon eux à désirer coté consultation : « (…) Alors que le sujet de la sectorisation y est pourtant régulièrement abordé, à aucun moment le conseil départemental n’y a fait part d’une quelconque intention de la modifier (…) ». Alors rétention d’informations ou plus simplement absence d’informations ?

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CDEN déclaration intersyndicale - 30 juin 2016

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Puech : de la « décision irrévocable » à la « remise à plat »

Publié le: 4 juillet 2016
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