Départementales – On ne change pas une équipe qui gagne ? 🔓

Le binôme Richefou Segrétain en 2015 et une carte d'électeur de 2021
Le binôme représenté en 2015 par le quotidien régional avec une carte d’électeur de 2021 – montage photo leglob-journal

Alerte

Il y aura des seconds tours, comme en 2015. Mais cette fois l’abstention record est un signe que devra vraiment intégrer le prochain exécutif départemental


Par Thomas H.


la belle lettre L sur leglob-journal

En 2015, le n°1 du Département avait réussi à être élu au premier tour avec Corinne Segrétain sur le canton de Saint-Berthevin. « La stratégie d’union du centre a payé » avait analysé, au soir du premier tour, il y a six ans celui qui était avocat en affaires avec François Zocchetto. Cette fois avec plus de 60%, Olivier Richefou qui a pris sa retraite progressive d’avocat, cédant son cabinet à Laurent Poirier et Laurent Gaillard, est en ballotage « très favorable », certes. Mais la gauche réussit à le mettre en difficulté sur le papier, emmenée par un ancien de ses adjoints, Jean-Yves Cormier, (près de 31%) qui se dit « satisfait d’être au second tour« . Olivier Richefou conforte-t-il son autorité en Mayenne, comme l’avait commenté à l’époque Jean Arthuis?

Le président sortant par sa politique « éloignée des préoccupations des Mayennais » a-t-il contribué à ce « désenchantement » qu’il voit dans le peuple de l’abstention?

En 2021, l’abstention calme les ardeurs. Deux électeurs sur trois ne sont pas venus voler au secours du Président sortant, l’obligeant à se « coltiner » un second tour face à une gauche qui sur un canton pourtant taillé sur mesure pour la droite parvient à tirer son épingle du jeu. En 2015, Flora Gruau qui deviendra plus tard Madame Bercault, l’épouse du maire de Laval et Daniel Guhéry avaient obtenu 26,17%. La gauche six ans plus tard progresse. Jean-Yves Cormier et sa binôme Karine Roussel sont conscients que  » Ce sera très difficile d’inverser la vapeur… Mais mettre en ballottage un président sortant qui est en campagne permanente, c’est une réussite ! D’autant qu’on fait trois fois plus que l’adversaire que Richefou avait identifié à tort, à savoir le RN…« 

A L’huisserie, le second tour se dessine avec quelques centaines de voix d’écart. Le binôme sortant Christian Briand-Christine Dubois se voit talonner par celui de Jean-Pierre Thiot-Nathalie Acker. L’effet municipal de mars 2020 aurait joué, selon le maire de l’Huisserie qui y voit une « confirmation ». Dans le canton d’Evron, c’est l’histoire qui se répète avec une présence au second tour du RN face au binôme Joel Balandraud-Sandrine Galloyer (DVD). En 2015, celui qui allait plus tard devenir le N°1 du RN en Mayenne, Jean-Michel Cadenas et Denise Faure se faisaient battre, finalement, au second tour par le maire d’Evron. En 2021, le président du RN, ce même Jean-Michel Cadenas file la métaphore vinicole : « Ce n’est pas un bon cru pour le Rassemblement national… »

A Gorron, où le maire sortant est en difficulté coté judiciaire (Lire ici), il devra aller au second tour. Pas simple. Où prendra-t-il les voix et dans quelles réserves ? Jean-Marc Allain et sa binôme Françoise Duchemin (Indépendants- Divers centre) sont à près de 53%. Le binôme n’est plus estampillé Olivier Richefou. C’est Franck Barascud et Roselyne Vasval qui ont obtenu l’investiture La Mayenne ensemble – (Divers droite). ils sont crédités de 34,76 %. Quant au RN avec Bruno Desmarécaux- Edwige Vadaine, ils ont obtenu 12,57 %.


L’effet municipal


Est-ce « L’effet troisième tour des élections municipale » qui a joué à Laval comme le pense Didier Pillon, le perdant face à Florian Bercault en 2020 ? En tous cas à Laval la gauche vire en tête dans les trois cantons lavallois. A Laval 1, avec le binôme Antoine Caplan-Nadège Davoust obtient près de 52%. A Laval 3, le binôme Bruno Bertier-Camille Petron vire en tête devant Gwendoline Galou et Laurent Tomczyk, l’ex-footballeur professionnel (Majorité départementale). Dans le canton de Laval 2, avec 47,14 % Marie-Laure Le Mée-Clavreul et Antoine Leroyer sont en tête devant le binôme (Majorité départementale) Pierrick Guesné et Stéphanie Hibon-Arthuis (33, 37 %). Celui qui espère se faire élire au quatrième tour président des présidents de conseils départementaux minimise l’avance des candidats du Rassemblement de la gauche écologique et solidaire à Laval : « Rien n’est perdu sur ces cantons… La gauche, a-t-il déclaré comme un appel au secours de ses électeurs, ne doit pas continuer à développer son programme de déclin qui n’accepte pas ses responsabilités, qui n’accepte pas le développement de l’enseignement supérieur ». En clair faire barrage à la Gauche…

Sur Twitter Antoine Caplan interpelle les électeurs après la déclaration d’olivier Richefou : sur F3 Pays de la Loire : « Et si nous faisions plutôt barrage aux déserts médicaux et à la précarité des jeunes ?! Dimanche prochain, l’enjeu du 2nd tour sera aussi la défense du pluralisme face à un Président sortant qui veut continuer à concentrer les pouvoirs et réduire au silence les critiques. »


le tweet d'Antoine Caplan
La copie du tweet d’Antoine Caplan sur Twitter

« La défense du pluralisme », la fin de la « concentration des pouvoirs », « la réduction au silence des critiques », bref une certaine idée de la transparence. Aussi faudra-t-il mettre fin à l’opacité des débats et au recours intempestif à la « commission permanente » en retransmettant les séances publiques comme le font la ville et l’agglomération de Laval. Comme le préconise Transparency International France (Lire ici).

La France insoumise en Mayenne voit dans cette abstention record ce qu’elle appelle une « grève citoyenne ». Les électeurs ne croyant plus en le personnel politique qui « se préoccupe plus de sa carrière que de l’intérêt du peuple ». Cette abstention chez les « forces montantes citoyennes » que constituent les jeunes électeurs est préoccupante pour la stabilité de notre démocratie.

En ville, l’abstention chez les jeunes est trop importante. On l’estime à 85 %. Plus de deux jeunes sur dix. Les anciens ont voté certes. Ils sont dans l’habitude du respect face à l’élection en laquelle ils ne croient pourtant plus beaucoup. Les jeunes se désintéressent de plus en plus de la chose politique en général avec un un sentiment d’à quoi bon préjudiciable. Moins d’abstention bien-sûr pour les plus vieux, mais selon les sondages, ils sont 40 % à s’être abstenus pour les plus de 65 ans…

Il reste donc à convaincre en l’espace de quelques jours seulement une catégorie d’électeurs qui feront dans les années à venir le gros de la troupe des citoyens de ce pays. Celles et ceux qui choisiront la classe dirigeante. Cela fait réfléchir. « Bougez-vous! » a crié un des candidats du RN, à la télé nationale, en direction de ses électeurs. Mais ce n’est pas de cette façon qu’il faut agir sauf à révéler la colère mêlée d’inquiétude de ne pas être élu… Quant à convaincre entre les deux tours, c’est hélas, une véritable gageure peu probable à réaliser…


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