Le dernier livre de Jill Culiner distingué par un prix au Canada

Jill Culiner primée au Canada , sur scène - Image Canadian Jewish Literary Awards
Jill Culiner sur scène au Canada – Photo Canadian Jewish Literary Awards

Elle n’est pas seulement une « artiste plasticienne » qui vit en Mayenne dans sa maison-musée de l’ex-auberge de la Boule d’or à Saint-Jean-sur-Erve, Jill Culiner est aussi une écrivaine reconnue internationalement. Elle vient d’être récompensée au Canada pour son dernier livre intitulé Those Absent, paru aux Éditions Claret Press à Londres.


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« Je ne m’y attendais pas du tout ! Quand on m’a appelé, j’ai cru sur le moment que c’était une fake news ! J’ai cru qu’on se foutait de ma gueule… et puis mon éditeur devait me confirmer ce qui a été une belle surprise !… Au moment où je vous parle, je suis à l’aéroport en Allemagne, de retour en France…  » devait nous confier Jill Culiner au téléphone.

Those Absent, sous-titré On the Great Hungarian Plain, son dernier livre vient en effet d’obtenir le Canadian Jewish Literary Awards 2024, un prix littéraire décerné dans la catégorie « Mémoire-biographie ». Au Canada, ces prix sont décernés, selon les organisateurs, pour « récompenser les meilleurs livres traitant de thèmes et sujets juifs écrits par des auteurs canadiens dans divers genres qui enrichissent et mettent en avant l’écriture et la culture juives » .

« L’objectif, c’est de mieux comprendre notre passé collectif, notre présent commun et le monde de demain » selon Jill Culiner et ne pas oublier, bien évidement ce qui s’est passé. Le devoir de mémoire … « À mi-chemin entre l’histoire, le roman policier et les mémoires personnelles, Those Absent donne vie à une galerie de personnages digne d’un roman de Charles Dickens, et traite de la faillibilité de la mémoire, de la nature des préjugés et de la persécution, et du passé en tant qu’histoire et en tant que fiction. » L’éditeur de la plus canadienne des Mayennaises évoque aussi « Un voyage littéraire fascinant et une enquête franche sur la vie quotidienne de la région, ses croyances communes et ses vérités rarement mentionnées […] »

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La première de couverture du livre de Jill Culiner primé au Canada – Ed. Claret Press

« Dans ce récit de la vie d’un village, la xénophobie et la cruauté grossières contrastent avec l’acceptation, l’amitié et le rire. L’horreur du passé est dissimulée, mais Culiner trouve de la compassion dans les échecs humains. » écrit la maison d’édition londonienne Claret Press sur son site internet.

Ces « absents » évoqués dans le titre sont, bien sûr, les Juifs qui ont « disparus définitivement de la Hongrie rurale et de la grande plaine hongroise » et sur lesquels l’auteure a bâti son épopée littéraire qui cherche à redonner de la consistance et de la vie à ces « absents » . Jill Culiner nous relate donc « le pogrom de la ville de Kunmadaras en 1946, au cours duquel des survivants de l’Holocauste revenus dans leur ville ont été assaillis par une foule organisée, faisant plusieurs morts et de nombreux blessés, tandis que la police refusait d’intervenir » . C’est aussi cette injustice que le livre aborde.

Those Absent, sous-titré On the Great Hungarian Plain, le livre de Jill Culiner est également nominé pour recevoir les Page Turner Awards, un prix remis cette fois en Grande Bretagne.


« En prison en Hongrie »


Celle qui a opté finalement de s’installer loin de la foule des villes urbanisées, en choisissant de s’ancrer en Mayenne dans un petit village, celui de Saint-Jean-sur-Erve traversé par une joli petite rivière fleurie, est née à New York… Mais pour écrire ce livre sur les juifs qui vient d’être primé au Canada, elle a passé beaucoup de temps en Hongrie sur une période de six ans. De retour en Mayenne « à Saint-Jean, j’ai appris que l’une de mes voisines qui ne m’aime pas beaucoup avait fait courir le bruit que j’avais été en prison en Hongrie parce que j’étais absente… Pour elle la Hongrie n’était pas un pays sûr ... » raconte-t-elle en souriant.


Jill Culiner primée au canada - Image Canadian Jewish Literary Awards

Jill Culiner primée au Canada, recevant son titre sur scène – Image Canadian Jewish Literary Awards

Les éléments biographiques officiels déployés autour de Jill nous apprennent que « l’auteure a été élevée à Toronto » et que Jill Culiner est à la fois « écrivain, artiste critique sociale et photographe ; elle] a passé la majeure partie de sa vie en France, en Angleterre, en Allemagne, en Hongrie, en Turquie et en Afrique du Nord. Son exposition photographique sur la Première et la Seconde Guerre mondiale, La Mémoire Effacée, a fait le tour de la France, du Canada et de la Hongrie sous les auspices du ministère français des Affaires étrangères et de l’UNESCO » .C’est le deuxième prix littéraire que Jill Culiner reçoit. La première fois qu’elle a été distinguée pour son talent d’écrivaine, c’était en 2005 pour Finding Home.

« Vigie salvatrice de la société » et « rempart d’alerte », sa spécialité c’est aussi en tant qu’artiste plasticienne de « mettre en boîtes » ce qui avait fortement déplu au président (UDI) du conseil départemental de la Mayenne en Avril 2019 quand il avait découvert une partie de ses œuvres qui devaient être exposées à l’Espace M à la Tour Montparnasse, devenu depuis M Paris. Jill Culiner est « l’une des plasticiennes les plus attachantes et les plus originales que compte notre département » avait écrit Guillaume Garot en tant que maire (PS) de Laval saluant, en 2011, l’exposition qui lui était consacrée au musée du Vieux-Château à Laval. ⬛


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