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Marie-Noëlle Tribondeau vient d’être élue co-secrétaire fédérale du Parti Socialiste en Mayenne, avec Caroline Garnier, la militante PS de Changé. Ce sont donc deux femmes qui ont, de façon collégiale, pris les rennes du PS départemental. Avec comme objectif de rassembler, et surtout d’enrayer la très forte hémorragie parmi les adhérents qui ont été « déçus et ont pris de la distance ». Le passé, le présent, l’avenir, avec notamment les échéances électorales qui arrivent à grands pas, sont au centre de cet entretien accordé à votre média en ligne. Marie-Noëlle Tribondeau, la maire de Bierné, un village situé dans le Sud-Mayenne répond à nos questions. Un entretien exclusif leglob-journal.

L’entretien

- Leglob-journal : Vous êtes l’une des toutes premières femmes à être élue à la tête de la Fédération PS de la Mayenne, qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

Marie-Noëlle Tribondeau : Nous sommes deux femmes élues à la tête de la fédération du Parti Socialiste de la Mayenne. Deux générations aux parcours et expériences diverses, c’est cette complémentarité que nous souhaitons mettre au service du Parti Socialiste en Mayenne. Comme toutes les femmes et tous les hommes qui composent le Parti Socialiste en Mayenne, nous sommes avant tout des militantes et à ce titre, nous avons décidé de prendre notre part dans la reconstruction du parti. Les adhérents qui ont souhaité s’exprimer lors du congrès, nous ont accordé leur confiance massivement et nous les remercions.

Nos valeurs sont les valeurs fondatrices du Parti Socialiste, au service du progrès humain dans toutes ses dimensions : l’émancipation individuelle, la redistribution des richesses, la préservation écologique, la souveraineté démocratique, la conquête de nouveaux droits. C’est sur cette base que nous souhaitons travailler avec les adhérents et sympathisants. Nous mesurons le travail à réaliser et la responsabilité qui nous incombe pour ne pas les décevoir.

- Leglob-journal : Votre élection de façon collégiale avec Caroline Garnier s’est faite de façon confortable en nombre de voix malgré le peu de votants par rapport aux inscrits, 104 votants sur les 214 inscrits. Qu’est-ce que cela signifie selon vous ?

Avant de commenter les chiffres de l’élection, je veux parler aux électeurs qui n’ont pas souhaité s’exprimer. Cette abstention ou attentisme doit nous interpeller. Les adhérents et sympathisants sont fatigués des querelles internes, déçus après l’espoir créé en 2012 avec l’élection de François Hollande. Certains sont troublés après le bouleversement de la dernière élection présidentielle.

Les électeurs de la gauche sociale démocrate aspirent à l’apaisement et à un retour à l’unité. Au niveau national, l’élection d’Olivier Faure, en est clairement l’expression. C’est tout le sens de notre engagement, il nous faut maintenant renouer le lien avec les adhérents et les sympathisants qui attendent une clarification du projet socialiste dans une société en pleine évolution.

Quant à notre élection confortable, elle est pour nous l’expression en Mayenne de cette volonté de reconstruire ensemble autour des valeurs qui nous unissent. C’est l’action que nous entendons mener et que nous avons défini avec le nouveau Conseil fédéral et les secrétaires fédéraux.

- Leglob-journal : Le PS en Mayenne a connu, comme au plan national, une importante dégringolade du nombre de ses adhérents depuis la campagne des dernières présidentielles qui a débuté sous le mandat de François Hollande, comment allez-vous faire pour enrayer cette hémorragie ?

Les adhérents, les sympathisants ont été déçus. Ils n’ont pas aimé la séquence des frondeurs ; ils ne se sont pas toujours retrouvés dans la politique conduite par le gouvernement de François Hollande. Certains se sont détournés pour rejoindre un mouvement qui pouvait leur donner de l’espoir.

Je rencontre des sympathisants et des adhérents qui ont pris de la distance mais qui ne veulent pas rejoindre un autre parti car leur famille politique, c’est le Parti Socialiste. Ils restent fidèles à leurs convictions et disent leur attente d’un projet qui réponde aux préoccupations que pose l’évolution de notre société. Ils ont par maintes fois, été consultés mais ils ont le sentiment de ne pas avoir été entendus. Ils veulent des réponses concrètes à leurs préoccupations et surtout être pris en considération.

Nous devons renouer le dialogue avec les citoyens par l’écoute et la prise en compte de leurs difficultés. Nous devons réfléchir avec eux sur l’organisation de notre société et sur le modèle de société que nous laisserons aux générations futures. Nous devons ouvrir le débat et les associer à la construction du projet socialiste.

- Leglob-journal : « Du boulot il y en a, les deux co-secrétaires fédérales Caroline Garnier et Marie-Noëlle Tribondeau vont devoir justement fédérer » écrivait leglob-journal dans un article au lendemain de votre élection le 29 mars denier : fédérer des courants assez antagonistes au sein de la fédération mayennaise, des pro-Olivier Faure, des tenants de Stéphane Le Foll ou d’Emmanuel Maurel - la plus importante section en nombre d’adhérents, c’est celle de Laval et elle a choisi Steve Rattier un candidat pro Emmanuel Maurel, l’aile la plus à gauche du Parti Socialiste ? - pas simple, non ?

Notre fédération se nourrit de l’activité des sections du Parti Socialiste mayennais et les sections s’alimentent des débats portés par la fédération. Nous sommes dans l’interaction. Les sections sont constitués d’une diversité de femmes et d’hommes rassemblés par des valeurs communes.

Les courants font partie de l’histoire du Parti Socialiste et nos nuances doivent être utiles à enrichir le projet et créer une dynamique. Nous avons tous conscience qu’en Mayenne, nous ne pouvons pas nous diviser et nous misons sur l’intelligence collective pour travailler ensemble dans le respect des sensibilités individuelles. C’est cette méthode de travail qui a été définie collectivement lors de notre dernier Conseil fédéral.

Marie-Noëlle Tribondeau, au cœur de l’action collective, au premier rang entre le député Guillaume Garot et Antoine Caplan qui fut co-secrétaire fédéral du PS en Mayenne - (c) Photo leglob-journal

- Leglob-journal : Vous aviez parrainé Benoit Hamon en tant que maire de Bierné au moment des recueil de signatures : c’était plus par esprit de loyauté ou bien parce que finalement les idées du candidat - un peu plus à gauche de la gauche du PS - vous interpellent ?

Marie-Noëlle Tribondeau : Benoît Hamon a été désigné pour être le candidat portant le projet socialiste aux dernières élections présidentielles suite à l’organisation des primaires socialistes. C’était une désignation issue d’un processus démocratique. De nombreux électeurs de gauche, retenant son image de frondeur, se sont alors détournés du candidat et sa tentative d’une alliance impossible avec la France Insoumise a amplifié le mouvement. Je n’avais pas donné ma voix à ce candidat. Il me fallait donc définir mon positionnement. En tant qu’élue locale, je pouvais parrainer ou pas un candidat. J’ai accordé mon parrainage à différentes reprises parce que j’assume complètement mon positionnement politique. J’ai finalement fait le choix de soutenir le candidat du Parti Socialiste par loyauté au parti auquel j’adhère mais aussi parce que le candidat Hamon a porté au débat des thèmes et des idées nouvelles lors de cette campagne.

- Leglob-journal : Que pensez-vous à posteriori, et ont-ils eu finalement raison, ces adhérents du PS qui sont passés avec armes et bagages à LERM qui prônait au tout début du mandat le fameux « Et gauche et droite » ?

Je ne me permettrai pas de juger du positionnement de chacun, nous sommes là dans de l’intime conviction qui doit être respectée. Je comprends que certains aient pu être tentés par le discours porté par le candidat LREM et par une démarche nouvelle dans un contexte où on voulait faire passer les partis traditionnels pour archaïques.

Et « l’affaire Fillon » comme d’autres auparavant ont bien aidé à considérer les partis traditionnels et les pratiques de certains responsables comme désuets. Le concept « en même temps » et être « Et de gauche et de droite » annonçait l’entrée dans un nouveau monde ? Pour ma part, je suis convaincue de l’utilité des formations politiques parce qu’elles provoquent le débat, elles structurent l’opinion et l’action collective et c’est aussi un espace de formation pour les élus et les futurs élus.

-Leglob-journal : Les prochaines échéances électorales approchent et notamment les municipales en 2020, cela va être un gros morceau, non ? Sans parler des Européennes ?

Le temps des élections est toujours un moment important pour un parti politique. C’est l’espace où se construit le lien privilégié entre les candidats porteurs d’un projet et les électeurs. C’est un temps de rencontre, d’explication, de pédagogie et de responsabilisation. C’est aussi un moment porteur d’espoir où l’on propose aux électeurs une vision à partager, un avenir. Nous sommes là aussi, dans la construction d’un projet qui parle aux électeurs. Quelle sera leur vie demain dans l’organisation de la commune ou de l’agglomération ? Comment vivre ensemble dans le respect des orientations de chacun ? Quelle Europe ?

Ces questionnements sont légitimes et les électeurs attendront des réponses. Les élections européennes seront l’objet de débats, bien évidemment, sur l’harmonisation des règles entre les pays de l’union européenne, sur la protection de l’Europe face à la mondialisation.

- Leglob-journal : Enfin quel est le premier chantier en Mayenne, en dehors des élections, dans lequel le PS mayennais doit s’inscrire fortement, selon vous, pour qu’il puisse se remettre en selle ?

La reconstruction passe par le dialogue que nous allons créer avec les Mayennais. De nombreux sujets sont au cœur de leurs préoccupations dans leur vie quotidienne.

Par exemple, comment accompagner la transformation numérique du travail ? Comment atténuer la fracture numérique liée à la dématérialisation des démarches ? Quels services publics nous voulons pour demain ? La présence médicale et l’accès aux soins pour tous, l’urgence de la transition écologique et énergétique, la place des citoyens dans l’organisation de nos territoires et dans la construction de la décision politique...

La société évolue très vite et c’est la responsabilité de notre parti de bâtir un projet qui réponde aux préoccupations de nos concitoyens et aux inquiétudes générées par cette transformation en faisant vivre la démocratie et en proposant un projet d’avenir. C’est l’engagement pris par le premier secrétaire du Parti Socialiste Olivier Faure et que nous prenons avec lui.

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Publié le: 24 avril 2018
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