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Législatives 2017, les 11 et 18 juin. À coté des professions de foi officielles ou des déclarations d’intention, que sait-on d’Aurélien Guillot qui brigue un poste de député dans la 1re circonscription de la Mayenne ? Qu’il est conseiller municipal d’opposition à Laval ? Secrétaire départemental du Parti Communiste Français ? Certes. Mais de l’homme ? Que sait-on de celui qui se trouve derrière le politique ? Leglob-journal dresse toute une série de portraits des candidats aux Législatives. Zoom sur Aurélien Guillot.

- Par Marrie de Laval

Un grand gaillard cet Aurélien ! Il aura 35 ans en novembre prochain. Cela ne l’empêche pas de tenir la permanence du parti. Poignée de main franche, regard direct et déroulé de l’argumentaire huilé, la conversation est construite et démontre qu’il maîtrise son sujet.

Ce vannetais d’origine est le fils d’un ancien ouvrier d’une grosse entreprise de BTP et d’une employée de bibliothèque. Aurélien Guillot a fait ses études d’histoire à Rennes, jusqu’au CAPES (certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré ), après une scolarité effectuée, par conviction familiale, dans le public.

« Mes parents dépourvus de tout militantisme ne concevaient pas l’école hors celle de la République  ». Pur produit de l’ascension républicaine par les études, son engagement communiste, au point d’en être aujourd’hui un cadre salarié, reste le fruit de rencontres fortuites et d’un vote à gauche en faveur de diverses sensibilités. Finalement il ne deviendra pas enseignant et enchaînera les petits boulots.

C’est la campagne référendaire sur la constitution européenne, le Traité constitutionnel de Valéry Giscard-d’Estaing en 2005, qui en fera un militant actif et hostile au texte. Il rejoint un collectif de gauche, avec toutes les nuances possibles. « Le 30 mai 2005, au lendemain du vote référendaire, j’adhérais au PCF parce que cette formation s’était montrée la plus dynamique et la plus engagée dans cette lutte institutionnelle. J’avais 23 ans. Je n’avais jamais voté pour le PCF mais c’est chez eux que je me suis engagé. »

Entre temps, il trouvait l’âme sœur. Finalement, après avoir été un « jeune communiste » qui monte dans l’organigramme, et qui lutte contre le CPE (Contrat Première Embauche, projet du gouvernement Villepin, en 2006), le voici responsable de la Fédération. Il est basé à La Guerche-de-Bretagne, nous sommes en 2008. Il sera investi par le parti à l’occasion des Cantonales. Ce sera sa première campagne comme candidat. Il est soutenu par le PS et fait 8 % des voix. D’autres suivront : « Tout sauf les européennes, les sénatoriales et la présidentielles  », rigole-t-il.

Le parti finance tout ce qui est matériel de campagne, les militants s’organisent pour tracter, coller, etc. L’organisation ne recourt pas aux services de La Poste, « trop cher ! » - il faut 5000€ pour la distribution en boite à lettres par exemple. Cela se comprend aisément : les adhérents et les élus gagnent peu et il serait irresponsable d’endetter le parti explique-t-il, alors qu’il faut réunir 5 % des voix pour bénéficier de la prise en charge de l’État.

Faire société et toujours militer

Aurélien Guillot raconte son militantisme. « Hors campagne électorale, je tracte, par tous les temps, dit-t-il. Ce sont les évènements qui commandent pas les échéances électorales. Ce n’est pas le cas de tout le monde ! ». Sur le marché, le samedi par exemple, s’il y a un groupe très souvent présent, c’est bien celui du PCF 53.

Certes, la présence sur les réseaux sociaux - Facebook - permet d’être visible auprès d’un certain public mais rien ne remplace, aux yeux du candidat Aurélien Guillot, l’approche directe. « C’est la façon la plus efficace d’être reconnu des citoyens pas toujours à même d’identifier l’ensemble des candidats  » explique-t-il.

Là, nous touchons du doigt un certain paradoxe. «  Le public explique qu’il ne connaît pas les « petits » candidats, tout en se plaignant de toujours voir les mêmes têtes. » Pour autant, il sait qu’il faut bien s’ancrer dans le paysage politique local pour commencer à être pris au sérieux, montrer son implication sur le territoire. « Le non-cumul des mandats devient urgent, surtout en cas de mandat de plein exercice, déclare le candidat. Donc, pas de cumul de postes ni de "carrière" au long cours ». Ce n’est pas le tout de dire que les électeurs peuvent ne pas vous réélire, il existe une certaine paresse face au changement. Tout le monde « ronronne » : électeurs et élus. »

Agir pour se réapproprier le circuit décisionnaire

Pour autant, si Aurélien Guillot ne se voit pas toute sa vie salarié du parti, il y a des choses qui ne cesseront pas de l’indigner au point de vouloir militer. « Je trouve inacceptable que la 5e puissance économique que nous sommes accepte l’existence des SDF ou de la grande pauvreté. L’argent existe ! Mais les plus fragiles ne sont pas protégés comme devrait le prévoir une société soucieuse de ses membres. » lance-t-il. « Ensuite je prône plus de liberté. Il faudrait élargir l’émancipation des Hommes, surtout en matière économique, de genre (patriarcat), et selon les origines sociales ou ethniques  ».

Enfin le candidat du PC « voudrait qu’il y ait moins d’experts et que les gens prennent une plus grande part dans la prise de décisions. Ils ne sont pas idiots. Il faut juste leur expliquer et organiser des débats. Il ne faut pas renoncer à avoir le droit de s’exprimer. La démocratie ne se limite d’ailleurs pas à la vie civile. Elle doit également s’exprimer dans le monde professionnel. » 

Aurélien Guillot raconte inlassable. La politique, il connaît. « Il faut refaire coïncider élus et populations représentées. Les professions libérales sont surreprésentées au détriment du monde salarié, et encore plus en défaveur du monde ouvrier. » Il explique au passage qu’au PCF, « les élus reversent intégralement leurs indemnités au parti et reçoivent en échange une indemnité, souvent à la hauteur du salaire perçu durant la vie professionnelle, plafonnée au salaire médian perçu par 50% des salariés. Autrefois on parlait du salaire d’un ouvrier qualifié. En ces temps où les sommes perçues par certains élus relèvent de l’indécence, cela démontre qu’en fonction des ressources, on vote comme on vit ... »

Des repères et des modèles

La loi NOTRe, le remaniement du code du travail sont également sources de préoccupations pour lui. Quant à l’état d’urgence, il est de ceux qui réclament sa suspension au motif que « sa permanence tue sa pertinence ». Seulement rares sont ceux qui sont prêts à l’admettre ou à l’entendre, estime-t-il.

En attendant, faute d’avoir eu à siéger à l’Assemblée Nationale, Aurélien Guillot se projette et à défaut d’avoir des idées précises sur son action, il dispose déjà de repères et de modèles auprès d’élus pratiquant de longue main. Il souhaite caler sa gestion de la réserve parlementaire sur celle de Guillaume Garot et de son jury citoyen. En attendant que ladite réserve disparaisse.

Image tirée de l'affiche d'Aurélien Guillot

Il souhaite faire reprendre la main par les électeurs de sa circonscription sur des propositions de loi comme le fait André Chassaigne, député PCF dans le puy de Dôme, avec des ateliers législatifs.

Bien qu’actif politiquement - il a candidater depuis près de 10 ans - sa pratique de la gestion d’une collectivité se résume à son mandat municipal lavallois. Par contre, comme secrétaire départemental du parti en charge de la composition des affiches et du contenu des tracts par exemple, il n’hésite pas à dire qu’il « veille déjà à la bonne utilisation des modestes ressources du parti  ». Il ajoute : « j’ai recourt aux services d’un photographe professionnel du quartier à la fois pour maintenir des emplois locaux et obtenir un service de qualité. Et cela, franchement ce n’est pas rien !  »


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Portrait d’Aurélien Guillot : « je prône pour plus d’émancipation et plus de liberté »

Publié le: 8 juin 2017
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