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Dix-huit égale 10, et du coup avec cette étrange équation le moins serait synonyme de mieux. 10 communautés de communes au lieu de 18 actuellement en Mayenne. On y travaille. C’est en tout cas ce que prévoit le schéma départemental de la coopération intercommunale concocté par la représentation de l’État en Mayenne.

- Par Thomas H.

ort de ces changements, rapprochement et mutualisation au nom de la rationalité et de la modernité érigés en nécessité, la communauté de communes du Horps-Lassay serait dissoute par exemple.

Mais qui connait ce qu’elle fait et à quoi elle sert, si ce n’est bien sûr les habitants concernés par elle ?

En revanche comme par un coup de baguette magique une communauté des Coëvrons apparaîtrait. Celle des Avaloirs-Villaines-Lassay verrait le jour dans le Nord-est du département. Même chose dans le Sud-ouest cette fois, avec la fusion des communautés de Cossé-le-Vivien, de Saint-Aignan-Renazé et de Craon. 3 cette fois égale 1.

Une mairie en Mayenne sans devise de la République sur son fronton...

Les municipalités ont trois mois pour se prononcer. Le schéma sera validé en fin d’année. Tout devrait être opérationnel en 2013. Aller, circulez, et restez groupés ! Le tour est bouclé, la messe est dite. Car en Mayenne, il n’y a pas franchement de voix pour s’élever publiquement. Et selon le vieil adage : qui ne dit mot consent.

Rationaliser l’intercommunalité ce serait donc rendre service à la décentralisation. Certes l’empilement de mille-feuilles intercommunaux ne permet pas une certaine lisibilité pour nos concitoyens et génère des petits potentats qui vont à l’encontre du non cumul des mandats, ce qui n’est pas tendance.

Maire par exemple d’une ville conséquente autour de la ville-centre de l’agglomération, conseiller général fraichement élu et Vice-président de cette même agglomération de près de 93 000 habitants, n’est-ce pas déjà une façon de s’accaparer toutes les prises de position, de peser sur un territoire en maitrisant la politique localement et donc de modeler l’espace géographique selon ses envies et ses intérêts ? Surtout quand on donne en plus dans l’édification immobilière.

Mais cela se fait sans que personne ne trouve à redire. Et sans créer du débat localement, pourtant essentiel pour la démocratie.

Regroupement de force ?

lors pourquoi rationaliser et regrouper des intercommunalités qui elles-mêmes sont composés déjà de communes adossées les unes aux autres dans la même galère ? des anciens districts comme on les appelait dans les années d’avant l’an 2000 ? Des districts devenus communautés de communes comme à Château-Gontier ou bien Communauté d’agglomération comme à Laval.

Le chemin n'est pas forcément tout droit

Mais mutualiser cela va-t-il générer nécessairement plus de démocratie ? Car c’est sans doute cela qu’il faut avoir à l’esprit. Et de la démocratie locale plus efficace ? Pas sûr ! Le principe de l’union faisant la force ne s’applique pas forcément dans ce cas de figure. Les forces d’inerties des petites communes rurales, prises au piège de l’effet David contre Goliath, permettent surtout aux villes-centre de tirer leurs éplingles du jeu.

Négliger l’essentiel

Quoi de commun par exemple entre Cossé-le-Vivien petite ville, Saint-Aignan et Renazé de moindre importance et Craon la plutôt bourgeoise qui devront pourtant décider ensemble de leur sort commun ? Car le schéma et le cadre fixé, elles devront faire avec et ensemble. Quoi de commun, si ce n’est une certaine proximité géographique ? Craon et Cossé le Vivien sont aussi semblables que Château-Gontier et Mayenne sont proches !

En France depuis quelques années, il est de bon ton de tout vouloir rationaliser par la mutualisation. Les services publics, comme les hôpitaux, l’éducation, les départements et les régions et maintenant les intercommunalités comme les communes bientôt dont on dit qu’il y en a trop.

C’est sans doute ça qui mène la danse : la peur du « trop-tout », du trop à gérer, du trop qui générerait du gaspillage ou du débordement. De la non-efficacité. La dette nous oblige à la diète et permet de mettre en place des politiques qui déconstruisent. Bref derrière cette manie de supprimer méthodiquement au nom de l’efficacité et de l’autonomie prétendument recherchées ne passe-t-on pas à côté de ce qui compte ? Car derrière ces façons de faire, il y a des hommes et des femmes qui finalement en payent le prix fort. Et n’est-ce pas là, l’essentiel ?


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Communautés de communes : moins, c’est mieux ?

Publié le: 29 avril 2011
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