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Publier 100 numéros, et penser aux cent autres qui suivront, c’est ce que fait L’Oribus, la revue d’histoire mayennaise qui s’est payée une petite cure de rajeunissement. « Histoire et société en Mayenne » apparaît à présent en Une, juste au dessus du titre pour affirmer sa vocation ; la revue a remanié aussi sa charte graphique, en changeant certains aspects de sa couverture. Elle est intervenue aussi à la marge à l’intérieur, en souhaitant fidéliser plus avec de nouvelles rubriques plus facile d’accès. L’Oribus, revue trimestrielle publie ce mois-ci son 102e numéro. Chapeau !

Par leglob-journal

L’oribus, c’est d’abord une aventure à trois, lancée par des profs d’histoire, avant l’arrivée de la gauche au pouvoir en 1981, sous la forme d’une « association qui perdure [maintenant] depuis plus de 37 ans, portée par l’enthousiasme de ses bénévoles ».

L’Oribus se décrit comme une véritable « institution du microcosme mayennais égrainant les sujets les plus divers de l’histoire locale », comme on peut le lire dans l’éditorial du 101e numéro marquant une certaine rupture dans l’habillage et la présentation par rapport aux numéros précédents. C’est visible ci-contre sur la photo de Une de cet article, avec la mise en comparaison des couvertures des numéro 98 et 102. Ce dernier fait d’ailleurs de la place à de nouveaux contributeurs, plus jeunes, comme Armelle Pain et Alban Chuniaud, mais la philosophie de l’Oribus perdure.

Une jolie toilette

L’Oribus entre donc en évolution. Avec une présence par exemple plus importante de blanc dans les pages - ce qui aère et équilibre les pages - L’Oribus se paye ainsi une jolie toilette afin que les « 500 textes défendus » depuis la création de la revue puissent être plus attrayant encore. C’est parce que l’association peine actuellement qu’il a fallu se mettre encore un peu plus en réflexion.

La couverture new-look de L'Oribus L’association « quitte sa zone de confort » comme l’écrit le signataire de l’éditorial du numéro 101, et « vit depuis quelques temps sur ses réserves » car « les ventes de la revue n’équilibrent plus son coût de fabrication […] et le niveau des aides financières n’est plus celui d’il y a dix ans. » peut-on lire encore. De plus, il faut aussi compter avec le vieillissement du lectorat de L’Oribus. L’édito l’évoque en employant le terme de « pyramide des âges ». Les lecteurs sont moins "voraces" que par le passé, s’éloignent de la lecture en préférant les écrans qui entraînent une diminution des abonnements. Pour le centième numéro Pierre-Marie Meignan, le président de l’Association, annonçait 300 abonnés.

Il devait donc s’agir de réagir. Ce qu’ont fait les bénévoles de l’association. Tout le monde s’y est mis. Ils ont souhaité « élargir le cercle » des lecteurs, en cherchant aussi à « préserver la recherche d’un équilibre entre textes inédits, articles ambitieux et élargissement du lectorat bien au delà des historiens ou des simples curieux de la Mayenne ». Bref, encore et toujours, trouver de nouveaux abonnés.

Mais pas question bien sûr de faire un chamboule-tout dans la revue, ce que n’apprécierait pas ses lecteurs. Comme dans tout, c’est à petites doses que les concepteurs de L’Oribus ont désiré agir.

D’abord, par le nerf de la guerre. Une augmentation de un euro du prix de vente au numéro, en kiosque. L’oribus est disponible dans certains points de vente en Mayenne ; il en publie d’ailleurs la liste sur internet. Et puis par une hausse de deux euros de l’abonnement (pour trois numéros dans l’année) une contribution qui passe de 28 à 30 euros.

Pour activer sa mutation, L’Oribus se dote aussi d’un titre et d’une couverture plus modernes. Il conserve le titre historique qui emprunte son nom dans le grand ouest de la France à cette « chandelle de résine que l’on plaçait autrefois sous le manteau de la cheminée » ; mais abandonne les italiques qui jusque-là souhaitaient reproduire l’écriture "crayonnée". La nouvelle facture du titre en première page fait apparaitre une police de caractère plus actuelle, avec une légère inclinaison du titre à droite vers le haut. L’Oribus s’écrit dorénavant avec un B, un R et un S à la construction graphique résolument originale. Le S formant d’ailleurs le signe du lien, significatif à l’époque du presque tout numérique.

L’ancienne version du titre, en écriture "crayonnée" utilisée jusque-là

Pour changer un peu sans trop bousculer, - l’intérieur de la revue reste éditée en noir et blanc, « faute de moyens » – il a été décidé de systématiser la construction des articles sur deux colonnes au lieu d’une seule auparavant, et de systématiser la présence du chapô en début d’article, un texte de quelques lignes en caractère gras pour le résumer. Tout cela pour faciliter la lecture. On y trouve aussi une volonté affichée de fidéliser le lectorat en lui offrant quatre rendez-vous nouveaux. Le lecteur pourra ainsi retrouver, tous les trimestres, à chaque parution « quatre formats courts dotés pour chacun, écrit L’Oribus, d’une approche spécifique : un portfolio, un entretien, une chronique et la présentation d’un lieu ».

Ainsi par exemple avec L’histoire en images, [Fêtes-Dieu, dans le n°102, NDLR] l’auteur de la rubrique part de la parution de plusieurs photos historiques qu’il a choisi, et raconte sous la forme de textes courts, presque des légendes, l’Histoire et la petite histoire qui permettent l’enrichissement culturel et la découverte. Et dans la rubrique Entretien avec... l’autre des quatre rendez-vous, quelques questions permettent, sous un format très court là-aussi par rapport aux autres textes de la revue souvent exhaustifs, de faire le point assez rapidement sur la question.

A coté de la fidélisation, « Ces nouveaux formats ont été pensés également pour nos lecteurs qui hésiteraient à franchir le pas et à devenir contributeurs de la revue. » écrit L’Oribus qui ajoute, comme une invitation à rejoindre l’Association, à s’abonner bien sûr et surtout à écrire aussi pour nourrir les colonnes de la revue. Le président de l’association Pierre-Marie Meignan estime que « si nous voulons continuer [L’Oribus] nous devons nous intéresser à l’histoire récente ainsi qu’à la période qui précède la Révolution, mais également à la géographie, à la sociologie, tout en restant grand public. » Autrement dit, L’Oribus en trois mots a bel et bien « besoin de vous ! ».


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Publié le: 19 juin 2018
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