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Au conseil municipal de Laval du 19 septembre 2016, le Rapport annuel (2015) d’activités du délégataire du service public du chauffage urbain a été présenté. Il s’agit d’une Délégation de Service Public initiée sous la gauche et signée, quelques mois seulement après l’arrivée de François Zocchetto aux responsabilités. Un contrat sur 20 ans, scellé avec l’industriel mayennais Séché-Environnement, installé sur la commune de Changé, pour assurer « la gestion et l’extension du réseau de chaleur de la ville  » de Laval en direction de Saint Nicolas et du quartier Ferrié.

- Par Thomas H.

Retour en arrière. Le 4 avril 2014, François Zocchetto prononce son discours d’investiture sous les applaudissements dans la grande salle de l’Hôtel de ville. L’heure est au savourement de la revanche sur la gauche qui vient d’être détrônée.

Le 10 juillet de la même année, soit un peu plus de 4 mois plus tard dans la chaleur de l’été, le nouveau conseil municipal « par une délibération votée à l’unanimité confie au groupement Coriance/Séché Eco Industrie la gestion et le développement du réseau de chauffage urbain de la ville  ». Le contrat de Délégation de Service Public court maintenant depuis le 2 septembre 2014 pour une durée initiale de 20 ans selon le protocole d’accord.

Laval Énergie Nouvelle

Le nouveau groupement détrône une filiale de Dalkia, elle même filiale d’EDF ; exit donc la Société Thermique de Laval Saint Nicolas qui délégataire du service public du réseau de chaleur jusque-là avait distribué, fourni, entretenu, et prospecté de nouveaux clients. Place donc à l’ère Séché-Coriance, ce dernier coactionnaire étant majoritaire (65%) dans la nouvelle société baptisée LEN, Laval Énergie Nouvelle.

L’enfouissement des canalisations, sur le quai de la rive droite à Laval

Séché-Éco Industries qui détient 35% de LEN avait semblé se dédouaner dans le communiqué officiel qui avait été publié au moment de l’officialisation de la prise de contrôle. Séché écrivait : ce « projet [a été] finalisé et initié par la précédente équipe municipale (sous entendu la Gauche de Guillaume Garot) qui avait fait [l]e choix » de remettre en jeu par un appel d’offres la Délégation de Service Public arrivant à expiration après 15 ans d’exercice. De fait les industriels avaient jusqu’à Octobre 2013 pour candidater. Ce qui fut fait.

« Les règles de la concurrence ont été respectées ; les négociations on fait apparaitre que le groupe Coriance-Séché tenait mieux la route que l’autre finaliste ; en fait nous n’avions pas le choix. Nous avons choisi le meilleur.  » se rappelle Claude Gourvil l’un des participants, assidu à la commission présidée par Idir Aït Arkoub, l’un des élus de l’ancienne majorité.

Continuité républicaine

Initié sous la gauche, et finalisé donc sous la droite. C’est cela la continuité républicaine. Une aubaine en tout cas pour le président de l’agglomération de Laval et locataire actuel de l’hôtel de ville. Le sénateur UDI François Zocchetto allait pouvoir offrir sur un plateau cette DSP à Séché qu’il connait bien. L’élu est aussi avocat d’affaires ; associé à son confrère, avocat lui aussi, l’actuel président du Conseil départemental de la Mayenne Olivier Richefou et ancien maire de Changé où est installé justement l’usine Séché en Mayenne. Séché que les deux Présidents détiennent dans leur carnet d’adresses et comme client.

« Normalement la chaleur et l’eau chaude sanitaire devraient coûter moins cher aux particuliers que sous le précédent abonnement (...) mais il faudra être vigilant et surveiller que les délégataires ne fassent pas ce qu’ils veulent, notamment au niveau des charges à caractères généraux, car cela arrive souvent » souligne Claude Gourvil, l’élu EELV de l’ancienne majorité municipale à présent dans l’opposition.

« e contrat d’une durée de 20 ans » si l’on en juge par ce que nous dit Séché est plutôt intéressant. Il devrait rapporter, à l’entreprise mayennaise, d’après une projection comme elle l’écrit « 40,3 millions d’euros » en « chiffre d’affaire supplémentaire », le tout explique Séché pour une « optimisation de la valorisation énergétique » de déchets.

« L’énergie proviendrait de la valorisation du biogaz et de Combustibles Solides de Récupération (CSR) fabriqués à Changé à partir de déchets non recyclables.  ». Séché utilisera, explique le groupe, des déchets secs, comme du bois ou du plastique non recyclable pour produire son énergie sous forme de vapeur d’eau. L’intention est louable, puisque les émissions en CO2 seront réduites.

Un ouvrier étanchéifie les raccords au chalumeau

Sur 20 ans, il s’agit donc de « développer le réseau de chauffage urbain actuel en passant de 35 000 MWHeure par an à 75 000 MWHeure annuellement. » Pour alimenter en vapeur le quartier Saint-Nicolas à Laval par exemple et pour que la chaleur arrive jusqu’aux radiateurs du chauffage central collectif des habitations, il faudra construire au total « une boucle » - un aller et retour - de 11 kilomètres entre Changé et donc le site de Séché et la ville de Laval. Des travaux sont en cours le long de la Mayenne à Laval sur le quai, pour le compte de Laval Énergie Nouvelles. - Photo ci-contre>>

140° de chaleur active

Les travaux prévoient donc la mise en place de canalisations enfouies dans la terre à une profondeur d’environ au moins un mètre et « suffisamment » isolée pour pouvoir maintenir l’équivalent de 140° de chaleur active dans une boucle aller et retour pour arriver à des échangeurs situés en pied des immeubles » et qui desserviront le flux de fluide chaud pour le chauffage et l’eau chaude.

« Les logements concernés sont ceux des quartiers Saint-Nicolas et du quartier Ferrier, ceux de l’ancienne casernement donc, mais aussi des Fourches, un groupe de logements HLM. Des écoles ou des hôpitaux pourront aussi être équipés. » Des nouveaux clients qui pourront être envisagés en 2016 – 2017.

Un prévisionnel de 140 millions d’euros

Dans l’appel d’offre diffusé à l’époque, on pouvait lire : « La rémunération de l’exploitation sera substantiellement liée aux résultats de l’exploitation du service qui sera confié dans le cadre du contrat au délégataire ; le délégataire sera rémunéré par les redevances qu’il sera autorisé à percevoir auprès des abonnés en contrepartie du service rendu. Il versera à la Ville de Laval une redevance d’occupation du domaine public et une redevance au titre des frais de contrôle du service. Le chiffre d’affaire prévisionnel sur 20 ans de ce contrat est de 104 millions d’euros. » Le rapport annuel d’activité fait état pour 2015 d’un chiffre d’affaires donné en séance publique de 2 millions et 75 055 euros.

Séché-Environnement écrit sur son site « confirme[r] son attachement au modèle de l’économie circulaire dont l’objectif est pour l’industriel de Changé de favoriser localement l’utilisation des ressources issues des déchets générés sur le territoire en prenant (...) en compte l’ensemble des paramètres techniques et économiques. »

Un cercle, même petit, c’est en effet important pour l’économie, son développement, et pour les opportunités. Et puis un industriel doit toujours avoir de très bons tuyaux pour s’assurer de la pérennité ; qu’ils transportent de l’eau, du gaz, du pétrole ou de la vapeur d’eau.

(c) Photos leglob-journal


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Laval-Séché : retour sur une affaire rondement dans les tuyaux !

Publié le: 14 décembre 2016
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