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’heure du bilan pour le PS mayennais avec ce retour sur le score en Mayenne du Parti Socialiste, emmené par le candidat Benoit Hamon. 5,69 % avec seulement 0,8 % d’écart avec le candidat souverainiste de droite, Nicolas Dupont-Aignan. « Au premier tour on choisit. Au second on est écarté ». Un score qui en dit long sur l’état de décomposition du PS dans des terres mayennaises où l’idée de la Gauche n’a jamais été franchement présente ; c’est plutôt le vote conservateur qui prédomine avec d’ailleurs un François Fillon qui s’est octroyé 27,06 % des suffrages, devançant d’un peu plus d’un point Emmanuel Macron. La prévision d’« implosion » du PS est consommée à présent, même si les militants socialistes un peu dépités préfèrent parler de « refonte », de « clarification » ou bien d’ « explosion ».

- Par Thomas H.

10 247 personnes en Mayenne ont continué à faire confiance contre vents et marées au candidat du PS. Sur 185 931 votants, c’est peu. Et pour mobiliser d’éventuels électeurs, à part des cars pour faire les déplacements vers des meeting à Rennes ou Paris, pas de rassemblement en Mayenne avant le premier tour. Pas de personnalité socialiste venu soutenir la candidature Hamon. Symptomatique de l’état de la fracture au sein du PS mayennais.

Pour la maire de Bierné, un village dans le Sud du département de la Mayenne, Marie-Noëlle Tribondeau qui s’était ouvertement prononcée pour la candidat du PS en lui accordant son parrainage, ce pourcentage riquiqui « c’est le résultat du manque de cohésion des socialistes face à la politique de François Hollande ». L’élue explique que « c’est la concrétisation des divisions des cinq dernières années. Il est difficile d’être audible quand on ne rassemble pas dans son propre camp. Un nécessaire travail de clarification des orientations du Parti socialiste est à enclencher pour que les électeurs s’y retrouvent.  »

Pour cette femme engagée qui siège aussi à la Communauté de Commune du Pays de Château-Gontier comme vice-présidente au coté de l’UDI Philippe Henry qui préside la collectivité du Sud-Mayenne, « l’urgence est à combattre maintenant l’ascension de Mme Le Pen par l’élection d’Emmanuel Macron. Et de s’employer à répondre aux difficultés des français. Ce qui pourrait éviter de chercher à chaque élection, comment faire pour contrer la montée du FN. »

L’urgence, parce il a été perdu du temps et qu’il y a finalement le feu dans la maison. Farid, cet ouvrier que leglob-journal a rencontré avant le premier tour est amer, même si la proximité des scores avec Nicolas Dupont-Aignan est une réalité, les mettre en comparaison, c’est pour lui « insultant ». Pour Farid, c’est bien évidemment « une déception pour le militant que je suis ! Une déception mais pas vraiment une surprise au regard de la situation interne du PS depuis 5 ans.  » Il ajoute, regardant vers l’avenir : « Je souhaite que le PS en Mayenne ne disparaisse pas comme le souhaite la droite d’Olivier Richefou [Le président UDI du Département, NDLR]. Le combat continue contre les inégalités. Le PS doit travailler maintenant son projet et changer ses cadres "égocentriques" s’il veut retrouver son électorat  ».

Lire aussi : Le PS en Mayenne : loyauté à Hamon matinée d’un petit peu de Macron

Quand on les interroge, ils sont nombreux à dire que Benoit Hamon a fait une bonne campagne, mais qui n’a pas pour autant rassemblé tous les socialistes. Michel Rose, le co-secrétaire fédéral du PS en Mayenne et directeur de la campagne dans le département de la Mayenne autour de la candidature de Benoit Hamon parle dans le département d’« une campagne à minima et le regrette. »

Pour ce socialiste de toujours, c’est « tristesse et dépit. Tristesse parce que la campagne que Benoit Hamon a réalisée était une campagne de cœur et de raison ; et dépit parce que nous avons eu dans notre propre camps des désaffections - pour dire les choses pas trop méchamment - avec des personnalités qui ont renié leur parole et leur engagement. Valls, et De Rugy pour les écologistes. Quel crédit on porte à présent à ceux qui ont renié leur parole ! »

Et le co-secrétaire fédéral du PS en Mayenne d’ajouter « c’est un immense gâchis ! Quelles seront les conséquences de tout ça, je ne suis pas en capacité de le dire aujourd’hui, il faut attendre les législatives. Toute l’organisation et la vie politique du PS ainsi que son avenir, seront définis en fonction du résultat des législatives et du nombre de députés socialistes qui siègeront après le 18 juin. »

Cet autre militant qui parle d’« une lourde défaite » pense lui que : « Benoit Hamon a eu les mots justes le 23 avril. Cette défaite était annoncée depuis plusieurs semaines. Mais le Parti socialiste a été pris en étau par deux formes de vote utile, en faveur de Jean-Luc Mélenchon et d’Emmanuel Macron. » Il ajoute, avec lucidité que « Beaucoup de nos électeurs nous ont dit soutenir la démarche de renouvellement portée par Benoit, la trouvant intéressante, mais la crainte d’un duel Le Pen - Fillon les ont conduit vers d’autres candidats. » La crainte, l’inquiétude, on ne vote plus comme par le passé « pour mais contre », disait benoit Hamon dans ses meetings.

Alors est-ce la faute aux sondages notamment qui ont pu influencer le vote ? Cette adhérente qui souhaite faire, malgré la défaite de Hamon, « un peu d’humour  », estime que « Les Français veulent du changement, et François Hollande aura été un visionnaire mais n’aura pas eu assez de temps pour mettre en place tout ce changement  ». Elle ajoute « en tant que socialiste, je ne peux me satisfaire du résultat de Benoît Hamon que j’aurai préféré plus élevé bien-sûr. Il est malheureusement conforme à ce qui était annoncé par les sondages. »

Beaucoup de militants ont souhaité l’anonymat pour témoigner comme cette militante qui ne veux pas que l’on puisse faire d’amalgame. Preuve d’un certain malaise et parce qu’à l’heure du bilan de l’après-défaite, avec le recul, les risques encourus sont encore importants dans un département où il ne fait pas toujours bon d’avancer découvert, de dire ce que l’on pense et que l’on se trouve sympathisants de gauche, ou militants. Elle poursuit : « Tout pourra être dit sur les causes : bon ou mauvais candidat, bilan mitigé de François Hollande, frondeur, etc. Il n’en reste pas moins qu’au regard des résultats du 1er tour, force est de constater que les français (ses) ne veulent plus de la politique comme elle est menée. »

Avec lucidité, mais pas pour autant radicale, elle souhaite ardemment « que (…) le PS, réagisse, il est temps ! [et] se remettent en cause. Un vrai travail de refonte doit être entrepris avec les français (ses) qu’il faut mettre au cœur de cette refonte. Il est essentiel que les citoyens puissent se réapproprier la politique, important de regagner leur confiance, de les écouter...  » Comment faire, ce n’est pas dit.

« Refonte », ou « rénovation ». C’est l’heure de la reprise en main de son destin politique et de celui du PS en Mayenne. Comme après chaque défaite d’ailleurs. Mais celle-ci qui passe par l’élimination pure et simple dès le premier tour fait apparemment plus mal que les autres. Beaucoup sont unanimes à dire qu’il faut un « ajustement », une « refonte », une « rénovation », un « Nouveau Parti Socialiste » après cette « implosion  », cette «  explosion  ». Chacun voit midi à sa porte. Mais pour aller où ? Et comment cela pourra se faire en Mayenne ?.

Lire aussi : Benoît Hamon où la vie politique française sous la Ve République

« Pourrait aussi se poser la question des Primaires ouvertes dans les partis politiques, lance cette militante, un peu colère, et proche des instances départementales. Reflètent-elles réellement un vrai choix quand on sait que beaucoup ont été voter dans une primaire qui n’était pas celle de leur tendance politique pour faire barrage à un candidat ; et entre parenthèse, nous retrouvons certaines de ces personnes qui n’appellent pas à voter contre le FN le 7 mai, c’est scandaleux !  ».

Des socialistes mayennais, déboussolés, pour ne pas dire dépités. « Les partis politiques doivent se saisir de ce qu’il viennent de subir pour réagir, les cartes sont entre leurs mains ! » Mais n’est-il pas trop tard, l’électrochoc ayant tout ou presque déstabilisé ?

Pour Farid, l’ouvrier qui préfère dire qu’il est salarié dans une grande entreprise lavalloise, ca c’est « moins péjoratif ! » : « Le PS pour n’avoir pas su travailler ensemble et trouver "le candidat rassembleur à naturellement explosé " en trois fractions. Le vote utile vers le libéral Macron pour éviter le duel François Hollande/Marine Le Pen. Les fidèles au PS, mais pas forcément soutiens du frondeur Benoit Hamon. Et puis les perdus qui ont cru en un rêve, celui que Jean-Luc Mélenchon avait changé ; ils ont vu dimanche que le naturel à repris le dessus. Quoi qu’il en soit, ajoute Farid je voterai Emmanuel Macron dimanche 7 mai, sans état d’âme, sachant que je ne soutiendrai pas l’ensemble de son projet. »


1 commentaire
  • Et que disent Guillaume Garot et Jean-Christophe Boyer de leur cécité et de leur immense responsabilité dans la débâcle du parti qui les a portés au pouvoir à Laval et aux législatives ?! Pourquoi ne pas les avoir interviewés ? Ils continuent à se taire lorsqu’il faudrait parler et à bavasser lorsqu’il faudrait rester muet ? Lamentables...

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Publié le: 28 avril 2017
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