Polyclinique du Maine : Entre fuite des personnels et licenciements🔓

La polyclinique du Maine à Laval qui fait partie du Groupe 3 H logo

Devant la polyclinique du Maine à Laval qui fait partie du Groupe 3 H – © leglob_journal.fr

Que se passe-t-il à la Polyclinique du Maine, cet établissement privé de Laval qui est devenu au fil du temps un complément à l’offre publique hospitalière ? Un syndicat nous alerte et évoque de nombreuses « démissions » l’an dernier « et en ce début d’années », et un audit qui a fait des « préconisations » en vue d’améliorer les conditions de travail.


Analyse


la belle lettre L sur leglob-journal

Les personnels subissent. Et les patients dans tout ça ? sommes-nous tenté de dire… Le communiqué de presse de la CGT « Santé privée » liste ci-dessous les dysfonctionnements de la structure de santé, évoque la « sécurité des patients » et pointe les exigences de rentabilité réclamées par les actionnaires – qui ne sont plus des médecins mais des gestionnaires de structures de soins.

Pendant ce temps là, les malades et les personnels sont en face de toutes sortes de restrictions. La polyclinique du Maine, à Laval, déficitaire tout comme l’établissement à la Roche-sur-Yon, est comme prise en étau entre des salaires au smic et des exigences de bénéfices. Le chiffre d’affaire est en hausse constante, les résultats plongent depuis 2021, les effectifs chutent selon le site Pappers

Quant à ce qu’il pourrait bien s’apparenter à de la toxicité du coté du management, ce que dénonce en tout cas le syndicat, cela ne parvient pas à faire démissionner les soignants, alors apparemment les licenciements pour inaptitude s’en chargent… Les services impactés seraient principalement les services de soins, de chirurgie, de médecine et de soins de suite. Le CSE (comité social et économique) a obtenu un rapport dénonçant les conditions de travail, sans effet selon ce qu’on nous dit après sa remise à la Direction en janvier 2025. Les lanceurs d’alerte appartiennent au CSE et disposent statutairement d’une protection fonctionnelle de six mois. Quant à « la convention collective elle ne se discute plus localement mais au national » , avec des salaires non revalorisés et inférieurs à ceux pratiqués en centre hospitalier public ou en EHPAD.

Soulignons que si l’Hôpital public paie mieux, il n’est pas en reste du coté de ses personnels et donc des patients puisqu’il use de la puissance publique pour imposer des choix qui peuvent apparaitre désastreux.

A la Polyclinique du Maine, il s’en est suivi « une réunion entre le personnel, la Direction et l’inspection du travail. Les dirigeants ont promis d’établir des évaluations. Malheureusement elles sont dressées avec des critères jamais identiques, un peu la veille pour le lendemain. Les arrêts de travail persistent, il manque toujours autant d’infirmièr(e)s et d’aide-soignant(e)s et on recourt toujours aux intérimaires » explique encore une représentante du syndicat, Marie-Laure Soisson.

Les fortes chaleurs précipitent les décès des malades en fin de vie dans le service d’oncologie nous dit-elle. « Les ventilateurs sont inefficaces puisqu’ils brassent de l’air chaud. La polyclinique n’est pas climatisée. Les personnels posent des couvertures de survie aux fenêtres ou apportent des ventilateurs ou des climatiseurs mobile avec rejet par la fenêtre ouverte … » précise la syndicaliste.


Voici le communiqué de presse de la Fédération de la Santé et de l’Action Sociale


la belle lettre Guillemets sur leglob-journal.fr

La CGT de la Polyclinique du Maine à Laval dit STOP !

Conditions de travail dégradées, mépris des salarié·e·s et hémorragie de personnel, les salarié·e·s de la Polyclinique du Maine sont en colère. La CGT tire aujourd’hui la sonnette d’alarme face à des conditions de travail qui se dégradent et face au mutisme répété de la direction envers les alertes et propositions formulées par les élu·e·s de la CGT.

La réduction du personnel notamment les week-ends dans les services d’hospitalisation fragilise à la fois les soignant·e·s et les patient·e·s, les équipes travaillent sous tension permanente, les temps de prise en charge s’allongent et les risques augmentent. Plus d’une vingtaine de démissions en 2025 et déjà une dizaine depuis le début de cette année 2026 d’où le recours onéreux à l’intérim témoignent de l’exaspération des professionnel·le·s. Les salarié·e·s qui restent subissent la double peine : perte des valeurs humaines, perte des compétences et polyvalence forcée. Malgré des tentatives d’apaisement de la part de la direction en proposant plusieurs versions de diminution des effectifs dans les services de soins, la CGT reste ferme quant au fait que la suppression de personnel dans ces services déjà sous tension quasi permanente n’est absolument pas concevable au risque de subir de nouveaux désengagements…

Les actionnaires exigent des économies mais la CGT ne peut tolérer cela autrement que sur le dos des salarié·e·s, d’autres solutions existent ! Une expertise indépendante pour projet important a pourtant mis en lumière des dysfonctionnements clairs et les conséquences annoncées, se sont avérées. Elle a également formulé des recommandations précises visant à améliorer la sécurité, l’organisation et la qualité de vie au travail. À ce jour, ces préconisations n’ont toujours pas été appliquées. Les tentatives de dialogue de la CGT avec la direction ne sont pas concluantes. Cette dernière demeurant sourde aux sollicitations et aux inquiétudes des équipes.

C’est pourquoi, la CGT exige, la mise en œuvre immédiate et vérifiable des mesures recommandées par l’expertise. L’arrêt des réductions de personnel et un plan de renforcement des effectifs dans les services d’hospitalisation, l’ouverture d’un vrai dialogue social avec des négociations transparentes et concrètes, une enquête sur les risques psycho-sociaux concernant les causes des nombreuses démissions ainsi que des garanties pour la protection des salarié·e·s qui alertent. La CGT demande des engagements chiffrés et un calendrier public de mise en œuvre. »

« Nous ne pouvons plus laisser la sécurité des patient·e·s et la santé des personnels sacrifiées par l’immobilisme de la direction ». ⬛


le slogan du Glob-journal






1 commentaire sur “Polyclinique du Maine : Entre fuite des personnels et licenciements🔓”

  1. Merci Marie pour cet eclairage saisissant. Encore une bonne démonstration que j’intitule:
    « La faillite morale du capitalisme se révèle lorsque la santé est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. »

    À force de considérer les établissements de soins comme des entreprises dont la priorité est la progression de la marge pour le privé, et à minima l’équilibre financier pour le public, on finit par oublier l’essentiel : derrière chaque tableau Excel, il y a des soignants, des patients et des familles.

    Cette logique est d’autant plus inquiétante que certains responsables politiques proposent encore de réduire massivement les effectifs de la fonction publique. Gabriel Attal évoque ainsi la suppression de 100 000 postes de fonctionnaires. Mais où compte-t-il les trouver ? Dans les hôpitaux, l’Éducation nationale, les administrations fiscales ou d’autres services publics déjà sous tension ? Et comment compenser la perte des cotisations sociales qu’apportent ces salariés au financement de notre système de santé et de nos retraites ?

    Quand les équipes s’épuisent, que les effectifs diminuent, que les licenciements ou les départs se multiplient, ce sont d’abord les professionnels qui encaissent la pression. Et cette violence sociale finit inévitablement par retomber sur les malades, qui voient les délais s’allonger, les conditions de prise en charge se dégrader et les soignants travailler dans une tension permanente. C’est précisément ce que décrit cet article du Glob Journal à propos de la Polyclinique du Maine.

    Il est a rappeler: le secteur privé bénéficie d’aides publiques et d’exonérations importantes. Avec la tarification à l’activité (T2A), le recours croissant aux temps partiels, à l’intérim et à des rémunérations souvent peu attractives, tout concourt à fragiliser l’hôpital public au profit d’une logique de rentabilité. C’est ainsi que s’organise, progressivement, le demantelement de notre système de santé public. Il n y a qu’à regarder les programmes des droites du centre et même des socio-demorates.

    Comble ou ironie du sort, c’est que même ceux qui pensent pouvoir échapper à cette logique en payant plus cher ( souvent juste une grande chambre, un repas plus copieux et une télé) pour être soignés dans le privé découvrent que l’argent ne protège pas de la course à la rentabilité.
    Ici on a l’évidence qui nous saute aux yeux: Lorsque le profit devient une obsession, les patients deviennent des « coûts » ou des « flux », et les soignants des variables d’ajustement comme des frais généraux dans une entreprise.

    Ne nous y trompons pas : il ne s’agit pas d’une fatalité économique, mais bien d’un choix politique. Celui de considérer la santé comme un marché plutôt que comme un bien commun. Celui de réduire les dépenses publiques tout en subventionnant un modèle qui sélectionne les activités les plus rentables et laisse à l’hôpital public les missions les plus lourdes.

    La santé ne devrait jamais être gouvernée par l’obsession des marges financières. Une société qui traite ses soignants comme des charges finit toujours par faire payer le prix aux patients. La santé n’est pas une marchandise. C’est un droit fondamental. Et lorsqu’on l’oublie, c’est toute la politique du soin qui recule.

    Abdel Hadoudy

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