« Notre jeunesse, une actrice clé de l’avenir de Laval », selon l’opposition – Par Thomas H.

Lors de l'installation du maire de Laval, sur le parvis de l’Hôtel de ville _- © leglob-journal.fr
Lors de l’installation du maire de Laval, en mars 2026, une partie du groupe de l’opposition de droite sur le parvis de l’Hôtel de ville. Au premier plan, Gilles Mézière, Henri Renié, Agathe Laigle. Philippe Royer (de profil) ayant démissionné. Stéphanie Hibon-Arthuis, Karima Petit et Samia Soultani Vigneron sont absentes – Archives © leglob-journal.fr

Les colistiers de la cheffe de file Samia Soultani Vigneron élu-es sur la liste « Laval avec vous » ont annoncé au cours du dernier conseil municipal faire douze propositions pour la jeunesse. Les élu-es ont déclaré vouloir envoyer un dossier au maire de Laval pour qu’il le consulte quelques jours après les émeutes qui ont secoué le quartier de Saint Nicolas.


Laval pourrait devenir, selon les conseillers municipaux d’opposition à Florian Bercault, « la ville de tous les possibles pour notre jeunesse » , une idée qui tente de faire oublier les actions déjà menées sous le mandat précédent. Quoiqu’il en soit, le « dossier » en question ressemble à un catalogue et comporte cinq pages, – sans doute une version restreinte pour la presse. Il veut porter comme on peut-y lire « une ambition et douze engagements concrets » pour « accompagner chaque jeune, de l’adolescence aux études supérieures, vers l’autonomie, la réussite et l’engagement » .

La « conviction » du groupe d’opposition à la maire de Laval, c’est que « L’ adolescence doit redevenir l’âge des possibles, bâti sur la confiance, l’exigence et la responsabilité. » Les jeunes des quartiers ont le plus souvent le sentiment qu’  »on les abandonne » comme ils disent, pire qu »ils sont méprisés. Il faut donc selon la Droite « accompagner chaque jeune, peut-on lire, sans rupture, avec un parcours clair, lisible et individualisé, de l’adolescence à l’entrée dans la vie active » .

L’un des autres constats qu’effectue le groupe d’élu-es autour de Samia Soultani Vigneron, la candidate qui a recueilli 31,40 % des voix soit 5 590 suffrages lors des dernières élections municipales loin derrière le maire sortant, c’est que « Les dispositifs actuels sont trop fragmentés et [que] les jeunes s’y perdent » . Aussi faut-il « créer une Cellule Jeunesse unique, avec un suivi individualisé continu : prévention, confiance en soi et activités pour les 11–14 ans ; orientation, engagement citoyen et insertion professionnelle pour les 16–25 ans » en ne laissant « personne sur le bord du chemin grâce à un accompagnement sur mesure. » . Cela suppose des encadrants et des éducateurs.

Dans la proposition n°2, il est question d’ « orientation choisie » avec cette idée justement qu’elle « est trop souvent subie, anxiogène et déconnectée de la réalité économique« . C’est un peu vrai, les stéréotypes poussent dans des cases. Aussi il faut, disent les élu-es, « Lancer un grand Plan Orientation Jeunesse reliant directement les écoles, les entreprises et les acteurs locaux, l’objectif étant de Permettre des choix d’avenir éclairés et des carrières réussies sur notre territoire. » .

Dans la troisième proposition intitulée « 100 jeunes pour Laval », il s’agirait de mettre en place un « programme » . « Beaucoup de jeunes veulent réussir et s’engager, mais manquent de réseau ou de cadre. » Il faudrait que la réussite soit au bout du chemin « Sélectionner chaque année 100 jeunes pour un parcours d’excellence : mentorat, rencontres inspirantes et participation à des projets d’intérêt général » . Ce « programme » aurait pour ambition de « Faire de notre jeunesse une actrice clé de l’avenir de Laval » . Mais on ne sait pas réellement comment il serait mis en œuvre…


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Un canapé déposé aux pieds des immeubles dans le quartier Saint Nicolas à Laval – © leglob-journal.fr

Finance encore avec la « Bourse Initiative Jeunes » . Car « Trop de bonnes idées restent lettre morte faute de premiers financements » écrivent les auteurs du « dossier » qui proposent ainsi de « Créer une bourse municipale pour soutenir les projets citoyens, solidaires ou innovants portés par les jeunes » afin de « Transformer les idées en réalisations concrètes » . Un peu à l’image du « budget participatif« , ces initiatives réservées aux jeunes de 12 à 25 ans qui ont été déployées par Antoine Caplan et Florian Bercault sous le mandat précédent…


Laval « une ville qui bouge »


Il faut que Laval soit « une ville qui bouge » avec du « sport et [d]es loisirs pour tous » . Dans la sixième proposition, on nous dit que « L’ennui et le manque d’activités adaptées nuisent à la vie des quartiers. » Pour le élu-es de droite, il faut donc « Ouvrir les gymnases jusqu’à minuit les vendredis et samedis, avec éducateurs et police municipale ; créer une Fête de la Jeunesse annuelle et des concerts gratuits pour les bacheliers : ‘Du bac au Bach‘  » . L’objectif étant dans les quartiers autour du centre ville de Laval d’ « Offrir des lieux de vie sains, sécurisés et festifs » .

Sans oublier de « Renforcer fortement la prévention, l’accompagnement familial et l’accès aux soins en santé mentale » , l’essence de la septième proposition. Pour la recherche de « l’excellence éducative » vers lequel il faut tendre, la suggestion suivante consiste à « Distribuer un dictionnaire lors du passage du CM2 à la 6e et [à] renforcer les ateliers périscolaires en soutien scolaire et culture en donnant à chacun les armes intellectuelles pour réussir » . Fini les écrans ! Et afin de « Recréer du lien et de la cohésion sociale par l’échange » , il s’agira également de « Lancer le programme intitulé ‘Récits de nos grands-parents’ , favorisant les rencontres entre écoles et EHPAD et la transmission de la mémoire locale » .

Avec trois mots, « Tremplin Jeune Citoyen » : on obtiendrait pour la jeunesse du « gagnant-gagnant » . Partant du principe que « La citoyenneté ne s’apprend pas seulement dans les livres et qu’elle se vit, il est question d’offrir la possibilité que « La Ville finance le permis de conduire, le BAFA ou le BAFD. En échange, les bénéficiaires réalisent des heures d’actions d’intérêt général pour la collectivité, via le CCAS » . Le « gagnant-gagnant » réside dans « un coup de pouce financier contre un engagement concret pour la ville » . Ici pas d’assistanat, si l’on reçoit il faut donner en contrepartie.


La belle lettre de citation sur leglob-journal.fr

« Ouvrir les gymnases [à Laval] jusqu’à minuit les vendredis et samedis, avec éducateurs et police municipale ; créer une Fête de la Jeunesse annuelle et des concerts gratuits pour les bacheliers : « Du bac au Bach », et Offrir des lieux de vie sains, sécurisés et festifs » – L’opposition de droite à Laval


Viennent ensuite les trois dernières propositions pour « Préparer demain » , afin de « Faire de Laval une ville qui donne envie d’étudier, d’entreprendre et de construire son avenir » . En agissant sur les écoles et le campus, les élu-es proposnt de « Végétaliser 100 % des écoles publiques » programme déjà lancé par la majorité réunie autour du maire et qui devrait s’intensifier ; [de] créer un label Campus Durable avec aide au solaire sur les parkings universitaires et fontaines à eau ; de lancer une opération baptisée « Un étudiant, un arbre ».

Parce que « Laval peine encore à attirer et à retenir les étudiants » , la suggestion n° 11 visera à « Créer une navette directe gare-campus, développer les services étudiants et soutenir fortement l’entrepreneuriat étudiant « . Sans plus de détail. Le tout dans l’optique de « Faire de Laval une destination de choix pour les études supérieures » . Mais il existe déjà de « grandes écoles » qui attirent des étudiants hexogènes à Laval et qui ne restent pas pour autant en Mayenne…. Enfin le douzième volet de ce catalogue s’intitule « Challenge ta ville ! » car « Les jeunes manquent d’espaces pour exprimer leur vision de la ville » énoncent les élu-es de droite. Il faudra donc selon eux « Organiser un grand appel à projets annuel, ouvert aux jeunes et aux associations étudiantes, pour imaginer la ville de demain » pour dessiner « Une ville qui facilite et réalise les projets de sa jeunesse » . Dis-moi s’il te plait comment tu vois le Laval de demain…


« Éviter la délinquance »


« Derrière ces 12 propositions en faveur de la jeunesse, il y a un constat simple, nous dit Agathe Laigle l’une des conseillères municipales d’opposition : nous n’avons pas tous la chance de naître dans une famille où nos parents peuvent nous aider à faire nos devoirs, suivre notre scolarité, financer nos études ou nous guider dans le choix de notre orientation.

Et lorsque l’on n’a pas cette chance, les difficultés peuvent rapidement s’accumuler : décrochage scolaire, perte de confiance, difficultés à trouver sa voie… et, pour certains jeunes, un risque de basculer vers la délinquance. Je crois profondément qu’il faut donner une chance à tous ces jeunes. C’est le sens de nos douze propositions. Au fond, [elles] reposent sur une conviction : aucun jeune ne doit voir son avenir limité par les difficultés de sa famille. Notre rôle, c’est de lui donner les moyens de réussir. » .

Si il a le mérite d’exister, ce « dossier » comme il a été appelé en séance du conseil municipal n’aurait sans doute pas vu le jour si les derniers événements de Saint Nicolas n’avaient pas percuté les consciences locales. Ce listing élaboré par la Droite municipale en direction de la « jeunesse » reste pavé de bonnes intentions. Simplement énoncées, souvent dans un style télégraphiques et sans être chiffrées, ces mesures souvent originales et louables au demeurant perdent toutefois de la substance faute de précision, d’autant qu’il manque, à tout le moins, ce qu’on appelle dans le jargon institutionnel les « modalités d’application« … ⬛


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