À Laval, l’accueil de jour a sa «Porte ouverte», aux Pommeraies

 

lettrennew.jpg«Nous avons eu déjà 1773 passages en cinq semaines. Ce sont des passages, pas des personnes différentes», précise Élisabeth Griot, la présidente de l’association La porte ouverte qui se prépare en ce vendredi 16 février 2018 à l’inauguration de cet accueil de jour. Il vient d’ouvrir sa porte en face du Foyer Revivre, dans le quartier des Pommeraies (20 000 habitants dont le quart sont des jeunes) à Laval – Reportage.


Par Thomas H.


 

«164 personnes différentes ont franchi le seuil de La porte ouverte à Laval ; depuis le 26 décembre pour les familles et depuis le 8 janvier pour tout le monde (Photo n°5)» explique la présidente de l’association. Un tableau mis à jour quotidiennement tient d’ailleurs les « statistiques » de fréquentation. Dans «un local mis à disposition par la mairie de Laval et repeint par Laval Agglo» souligne simplement Élisabeth Griot (Photo n°2), bénévole de longue date à Revivre.

Des chiffres qui en disent long sur les besoins. Même en Mayenne, «une terre où il fait bon vivre.» a-t-on coutume d’entendre. «C’est triste! car cela veut dire qu’il y a 164 personnes qui sont dans une très grande précarité et qui n’ont pas de lieu où aller…» analyse la responsable de la structure. Et sur le graphique situé à l’entrée la courbe est en constante augmentation.

«Ici nous avons depuis le début 80 bénévoles différents (Photo n° 4) qui viennent faire de l’accueil et vous avez des gens de toutes sortes. Ils viennent avec toutes leurs richesses.» ajoute la présidente. «Contacts et organisations, etc. Et c’est pareil pour les personnes accueillies, par exemple cette dame (Photo n°1) elle gère la laverie et nous allons en former une deuxième. Cette dame est très souvent là, et cela nous soulage énormément.»

La loi en France oblige la présence de centres d’accueil et le lien avec l’État est donc très étroit. «La porte ouverte est tout à fait dans ce créneau et nous sommes aussi en lien avec le Département qui va nous aider financièrement à fonctionner.»

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Des subventions importantes? «Oui, mais on va bien voir ce qu’ils vont nous donner, il y a nos demandes et ce qu’on recevra.» répond la responsable de La Porte Ouverte. Il y a urgence à tous les étages. Car il faut assurer, selon Élisabeth Griot, le salaire de la coordinatrice, les besoins de plus en plus importants de la structure et bien évidemment financer les charges. «Le budget est de l’ordre de 100 000 euros, mais bon pour le moment nous avons à peu près que 40 000 d’assurés… On est pas sûr, on va voir, nous espérons.» lance-t-elle.

 

Dans la salle juste à l’entrée de La porte ouverte où des enfants jouent à coté de leurs mères (Photo n° 3), Alexandre* explique avoir tout perdu. «Femme, enfants, tout…Je me retrouve sans rien : plus de logement, et plus de travail du coup. Ma femme avec qui j’étais pendant 9 ans, elle m’a trompé avec un collègue de travail… ça passe pas! C’est moi qui suis parti…Je lui ai laissé ses enfants… c’était les siens…heureusement!»

Alexandre est mayennais et il est à présent au chômage ; il touche le RSA soit «484 euros, ça fait à peine le mois! Je me serre la ceinture… Oui, je fais la manche des fois, mais j’aime pas trop ça, parce que ça me donne une mauvaise image…».

Il passe régulièrement à La porte ouverte depuis son ouverture. Il sourit, «c’est un moyen comme un autre de se nourrir, dit-il. C’est bien ce que font les gens ici ; ils s’occupent de nous, nous soutiennent et ça permet d’avoir des contacts, c’est super!…» Alexandre qui a 33 ans «aimerait bien, des fois, retourner gamin, comme il dit pour être bien en fin de compte… Pas de souci, on a pas besoin de payer, parce que pas d’argent… Mais faire marche arrière, c’est trop tard!»

Il arrive à Alexandre de travailler quand il est présent dans la structure. Il donne un «coup de main». Il balaye par exemple et donne un coup de mains. La journée, il la passe là. Et après 16 H 30, «on va en ville, on dort sur les bancs aux urgences de l’hôpital… En même temps y a pas le choix!» commente-t-il avec un sourire plutôt triste.

Son urgence à lui : «c’est trouver du travail et un logement et après je pourrais m’en tirer…Je pense.» Sauf que sans permis c’est pas simple ; « on me l’a retiré pour excès de vitesse et pendant plusieurs années, il me reste deux ans à tirer…» Alexandre, pour l’instant, vit au jour le jour. «Pour me sortir de cette merde, il faut que je me vide de tous les soucis que j’ai dans la tête, – déceptions, rupture, foutage de gueule et oublier que je me suis fait escroquer – et après j’aurais, je pense, de la volonté… et je pourrais m’en tirer». Alexandre garde espoir, il veut rester positif. Comme d’autres, et ré-ouvrir la porte à une vie normale.

L'heure de la vaisselle, les personnes accueillies donnent un coup de main - (c) Photo leglob-journal
L’heure de la vaisselle, les personnes accueillies donnent un coup de main – (c) Photo leglob-journal
Dans le couloir, le registre où l'on s'inscrit tout de suite à l'entrée - (c) Photo leglob-journal
Dans le couloir, le registre où l’on s’inscrit tout de suite à l’entrée – (c) Photo leglob-journal
La présidente de l'association avec un bénévole - (c) Photo leglob-journal
La présidente de l’association avec un bénévole – (c) Photo leglob-journal
Une bénévole affairée dans le
Une bénévole affairée dans le
L'accueil des mères de familles avec enfants - (c) Photo leglob-journal
L’accueil des mères de familles avec enfants – (c) Photo leglob-journal

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