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Avec l'aimable autorisation de Plantu 3 mai, Journée mondiale de la liberté de la Presse, espace consacré à toute une profession. Et parce que des centaines de professionnels sont morts, ont été blessés, incarcérés, tabassés ou muselés dans l’exercice de leur travail, c’est à eux que leglob-journal.fr dédie ces quelques lignes. Des lignes qui se veulent de continuité.

- Par Thomas H.

3 mai, une journée comme celle de la Femme, de l’eau, de la fin de l’esclavage ou bien de lutte contre le Sida. 24 heures, c’est déjà ça ! La date a été instaurée par l’Assemblée générale des Nations Unies en décembre 1993, mais depuis la liberté de la Presse n’a pas globalement progressé vraiment. En France, selon le baromètre de Reporters sans Frontières, le Pays des Droits de l’Homme a même été rétrogradé de la 10e à la 44e place depuis 2002. Pas brillant !

Unicité de pensée - Mais il faut dire qu’on a repris la Presse en main. On y avait tout intérêt. Il fallait la faire vivre ! Et cela s’est accentué naturellement avec le mélange de proximité. La connivence entre le politique et le patron de presse. Véritable magnat qui n’a plus rien avoir avec le métier du journaliste puisque c’est avant tout un financier, un industriel et un businessman. Les Médias français sont détenus par des hommes, à la tête de centres de profits qui sont dans la proximité du pouvoir en place. Et du coup l’investigation journalistique et le grand reportage sont laissés pour compte.

Cette année les Prix Albert Londres 2011 seront remis à Tunis parce que « les peuples arabes nous montrent qu’ils ont soif de liberté et se battent aujourd’hui pour la conquérir  » écrit le Comité officiel.

Albert Londres est ce journaliste qui aurait « inventé » le reportage en relatant pendant la Première guerre mondiale le bombardement de Reims pour son journal. Avec force et réalisme, parce qu’il était sur place. Londres n’avait pas peur de s’exprimer et disait dans Terre d’ébène paru en 1929 : « Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » Mais faut-il que ce soit dans sa propre chair ?

Distinction - Photo d'une des campagnes de l'Unesco Ces prix Albert Londres sont les alter ego des prix Pulitzer américain qui couronnent et distinguent le travail accompli par des journalistes. Mais combien d’anonymes qui œuvrent dans leur coin localement dans leurs pays, oubliés, ou qui essayent de porter haut les couleurs de leur métier pour quelques récompensés officiellement ?

La liberté de pensée est un des piliers de la démocratie, et la liberté de la presse en est son expression. Une expression qui devient de plus en plus difficile y compris dans des pays dits de démocratie avancée. L’expression se voit aidée par les moyens numériques inventés par l’homme du 21e siècle qui permettent de conquérir ce droit fondamental, ou du moins de s’en approcher.

Zola écrivait simplement «  une société n’est forte que lorsqu’elle met la vérité sous la grande lumière du soleil.  » C’est cette recherche de vérité qui sous-tend l’action du journalisme. En Décembre 2010 , la Directrice générale de l’UNESCO demandait davantage de sécurité pour les journalistes et les autres professionnels des médias travaillant dans des zones de conflit ou connaissant des tensions sociales afin de leur permettre de mener à bien leur travail.

Banalisation du risque - Cet appel était intervenu après la mort d’un journaliste iraquien de télévision, tué lors d’un attentat-suicide. L’UNESCO est la seule agence des Nations Unies dont la mission consiste à défendre la liberté d’expression et la liberté de la presse. En vertu de l’Article premier de son Acte constitutif, l’Organisation est tenue « d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue, ou de religion, que la Charte des Nations Unies reconnaît à tous les peuples  ». Il n’empêche !

Récemment 2 journalistes sont morts en Lybie, 2 reporteurs britanniques. Des journalistes qui viennent malheureusement alimenter les statistiques qui semblent avoir perdu toute signification.

Des chiffres à propos des décès qui varient d’une organisation à l’autre et qui semblent créer de la banalisation et ne permettent pas de prendre réellement conscience de la difficulté d’informer. Sur le terrain des conflits et des guerres ou bien dans son propre pays quand il faut se frotter à la corruption, aux basses manœuvres, aux pressions de la « violence froide » le journaliste ne revendique pas forcément la liberté d’expression mais la liberté de vivre. Ce qui revient au même. C’est valable aussi pour les juges d’instruction et les enquêteurs.

Le rappel quotidien, photos d’identité à l’appui des 2 journalistes français incarcérés en Afghanistan, montrées en fin de journaux télévisés en France, provoque la même distanciation de l’opinion publique. « [...] Nous ne les oublions pas ! » La formule consacrée et la figure de style qui joue sur la répétition banalise le danger encouru, et semble donner bonne conscience aux médias qui en usent.

Lecteurs tout le temps et e-lecteurs

Un effet accentué, quand dans des hautes sphères, on met en avant à tord l’inutilité « irresponsable » des journalistes en question et de la Presse en générale « empêcheuse de tourner en rond ».

La Presse : dans le processus démocratique - Les journalistes sont outils de culture pour une Presse instrument de culture. Une Presse qui ne doit pas être instrumentalisée par le profit commercial. C’est le rêve, certains disent utopique, car il est objecté que les supports et ceux qui les alimentent coutent cher, trop cher. Certes mais la Presse et les journalistes, ne l’oublions pas ont un rôle primordial à jouer dans le processus démocratique. L’absence de regard et le silence des journalistes, qui ne peuvent ou qui sont empêchés de témoigner, font le lit de l’injustice, et génèrent des conflits.

Ces mêmes « évènements » qui peuvent ensuite devenir préjudiciables aussi aux industriels-patrons de presse qui ont des intérêts économiques dans les pays concernés.


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Publié le: 1er mai 2011
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