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Par Gildas Charlès

Et si nous parlions Puech ?

J’ai retrouvé il y a peu cette photo (ci-dessous). Sachant qu’il s’agit de la façade d’un établissement scolaire parisien, la double symbolique de cet affichage administratif m’a amené à faire un parallèle avec notre actualité locale.

Une pièce se joue depuis plusieurs mois sur la place de Laval, et sur l’agglomération lavalloise, et avec succès, tant les différents protagonistes savent rajouter au moment opportun le petit élément nécessaire au maintien de l’attractivité de cette comédie douce-amère. Le décor : le collège Fernand Puech, situé en centre-ville à Laval ; les protagonistes : le conseil départemental de la Mayenne, le conseil municipal de Laval, la communauté éducative et un collectif de parents d’élèves.

« Une très forte mobilisation aussi inattendue que spontanée »

Tout a commencé fin avril 2016, lorsque Jean-Christophe Boyer, ancien maire de Laval, conseiller municipal d’opposition fait fuiter une information laissant entendre que le Département avait décidé de la fermeture de Puech.

La suite ? Résumons : une très forte mobilisation aussi inattendue que spontanée de parents d’élèves de Puech et d’autres écoles, et premier point d’orgue : un grand rassemblement devant l’établissement le 3 mai 2016, à l’occasion d’un conseil d’administration.

Confirmation par Olivier Richefou, président du conseil départemental, lors d’une conférence de presse - précipitée - le 29 avril, puis à ce CA, où sa présence était des plus attendues. Détermination des parents à se battre renforcée. Ils ont su monter un collectif apolitique sous la bannière #StopFermeturePuech, rassemblement « bon enfant » comme ils aiment à le souligner, tant leurs actions se veulent calmes mais déterminées, dans un esprit de concertation.

« Une façon de faire la politique que les citoyens n’acceptent plus »

Reculade d’Olivier Richefou, qui à son tour reprend l’air de la concertation et annonce le 20 mai 2016 la suspension de la fermeture et la constitution d’un comité de pilotage, composé de tous les acteurs du collège. Passons les épisodes du deuxième semestre 2016, pour arriver à la dernière péripétie, dont vous pouvez prendre connaissance ici même sur leglob-journal, ici et . Elle révèle une fois plus une façon de faire la politique que les citoyens n’acceptent plus.

Aussi des questions me viennent à l’esprit. La première, c’est comment une élue de la majorité municipale et départementale, Béatrice Mottier, peut-elle affirmer avoir ignoré la décision, ou son idée, de fermeture prise par le conseil départemental. Élément qui aurait été présenté au préalable en commission de l’ensemble des membres de la dite majorité ?

Est-ce à dire que le cumul de mandats empêche d’assister à certaines réunions et d’y faire entendre sa voix ? Était-ce une façon d’obtenir les bonnes grâces des parents, en jouant sur le « je suis avec vous, par mon action, la décision a été retirée ! » ? Arrière-pensées électoralistes en vue des législatives de 2017 ?

Ensuite je m’interroge : comment Philippe Habault, autre élu de la majorité municipale, membre entre autre du conseil d’administration de Puech et du comité de pilotage mis en place - mais dont l’absentéisme est notoire - peut dire aux parents « je suis favorable au maintien du collège, je ne comprends pas la démarche d’Olivier Richefou ; mais à quoi bon prendre position, les décisions semblant prises ».

Questions à quoi sert donc cette possibilité d’agir au sein de certaines instances et de ne pas en user ? Est-cela avoir des convictions et défendre l’intérêt des électeurs ? Complément 22 janvier 2017 : Philippe Habault vient de prendre une position, certes tardive mais qui semble claire, en demandant au conseil départemental la mise en place d’un moratoire de cinq ans. Décision sous pression suite aux « bourdes » révélées par la dernière polémique ?

Enfin, autre interrogation, comment une majorité municipale, dont certains membres sont aussi au conseil départemental, n’arrive-t-elle pas à affirmer une position claire ? Que la politique d’aménagement du territoire, et plus particulièrement le développement du nouveau quartier de la gare, puisse profiter de l’éventuelle fermeture de Puech, comme cela a été évoqué dans ce fameux rapport de la SNCF, n’est choquant que par l’absence d’expression des autres alternatives possibles.

Que la fermeture du collège Puech puisse être envisagée n’a rien d’inacceptable selon moi : cela part du principe du débat sur les moyens donnés à l’éducation de nos enfants. En revanche les raisons d’une fermeture doivent être les bonnes, c’est l’objet du comité de pilotage.

Encore faut-il que les acteurs de cette pièce, que l’on pourrait finir par prendre pour un vaudeville tant les positions de certains sont risibles, s’accordent et se fassent confiance pour jouer ensemble. La mise en scène actuelle laisse quelques doutes à ce sujet.


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Je vous fiche mon billet #9

Publié le: 27 janvier 2017
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