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L’électeur italien nous montre-t-il l’exemple ? En tous cas, ce qui frappe d’emblée, c’est la jeunesse et la beauté. La jeunesse dans les deux cas pour ces femmes qui ont moins de 40 ans. La féminité aussi faite comme symbole dans ce monde italien de la politique où l’homme domine et la masculinité est portée comme un étendard. Machisme et virilité dans la gestion des affaires politiques italiennes font souvent trop bon ménage. Et là ce sont deux femmes qui ont pris le pouvoir, l’une à Rome et l’autre à Turin. Un vrai changement ?

- Par Thomas H.

à, à Rome, la cité éternelle vient de prouver que rien ne l’est. C’est une femme qui va gérer et aussi défendre à l’étranger les couleurs de la capitale italienne, bien qu’elle se soit déjà prononcée contre l’organisation des Jeux Olympiques dans la ville en 2024 alors que Rome s’était portée candidate.

A la tête de 3 millions d’habitants et d’une dette cumulé de plus de 13 milliards d’euros, la Raggi comme on dit là bas a du pain sur la planche. Remettre tout ou presqu’en ordre – les 4 dixièmes de la voirie par exemple sont en effet à refaire – et il lui faudra en plus redorer l’image de la ville largement détériorée par le scandale appelé « Mafia Capitale ». Corruption à tous les étages, à gauche comme à droite.

C’est donc une première en Italie, une femme à Rome ; comme pour Paris avec Anne Hidalgo. A la différence que cette dernière émanait du sérail, qu’elle avait grandi en se coltinant le monde politique et en l’observant travailler puisqu’elle avait été longtemps dans l’ombre du N°1, le maire de Paris. Là, c’est bien différent. Inexpérimentée, Virginia va tout découvrir.

C’est une femme issue de nulle part. En apparence. Virginia Raggi vient d’un quartier périphérique de Rome et du mouvement spontané 5 étoiles où elle est entrée dès le début, et qui a vu le jour en réaction justement aux caciques qui ont fait de la politique, leur métier. Celui du nouveau maire de Rome, 37 ans, celui de celle qui va prendre les rênes de la ville, c’est avocate et on aurait envie de se faire défendre par elle.

Le mouvement 5 étoiles (M5S) - S en italien pour stelle - est né chez nos voisins transalpins d’un refus affirmé de la politique classique et d’un rejet des élites. Qualifié de populiste, parce qu’il est issue du peuple, le M5S aurait pu 30 ans plus tôt être qualifié de « parti issue de la société civile », comme on disait alors ; quand piocher dans le vivier des « inconnus politisé » permettait de faire émerger des hommes et des femmes qui allaient devenir des hommes et des femmes politiques à part entière.

Qualifié de populiste parce qu’il ne souhaite pas rester dans le système actuel, le mouvement cinq étoiles se veut en dehors. D’où les qualifications d’anti-système. Mais dès qu’on veut faire différemment, dès qu’on est pas dans le système, on devient suspect. Ou « irresponsable ».

Le mouvement de Beppe Grillo, cet humoriste un peu à la Coluche, toutes proportions gardées, a été créé en 2009 et il a représenté un second choix, une alternative aussi bien pour les électeurs qui votent à gauche qu’à droite. Purement contestataire au départ et luttant contre la corruption qui galope en Italie en raison d’organisations "réseautés" et mafieuses, le M5S a fini par se forger une image plus clean, plus lisse et plus sérieuse ; ses propositions économiques ou politiques ont finit, grâce à ses représentants et ses candidats, par faire flores.

La jeunesse de Matéo Renzi ( Parti démocrate : PD) n’aura donc pas suffit aux électeurs italiens qui ont choisi de la complémentarité et cela présage d’autres changements pour les prochaines législatives ; avec ici des femmes jeunes, avec un parti politique jeune et avec des idées qui décoiffent encore plus que celles du chef du gouvernement italien, tout est permis.

Le mot d’ordre de Virginia Raggi pendant la campagne électorale aux municipales a été « honnêteté, priorité aux transports en commun et au ramassage des ordures ». Elle est restée assez vague, sans apporter de solutions. Son nom Raggi, elle l’a dissimulé dans ce mot corRAGGIo, qui signifie courage et qui est devenu son slogan. Et cela a semble-t-il fonctionné car elle a recueilli 67 % des suffrages.

Télégénique et souriante, on la dit modeste mais elle s’est faite élire avec des parts d’ombres qui ont entaché son auréole. Des sujets à polémique sur des éléments de son parcours professionnel notamment qu’elle avait négligé de mettre en avant comme par exemple d’avoir fait ses classes d’avocate dans un cabinet appartenant à l’un des défenseurs de Silvo Berlusconi.

A Turin la ville de la Fiat, la ville à dominance ouvrière et travailleuse, c’est Chiara Appendino 31 ans qui l’a emporté avec près de 55 % face au maire sortant du Parti démocrate. Un autre revers pour ce dernier ; un message à la France ? Une confirmation selon toute vraisemblance que la classe politique doit changer et se renouveler.


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Jeunesse, gloire et beauté : Rome et Turin mettent deux femmes aux manettes municipales

Publié le: 21 juin 2016
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