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Que dit la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire du Centre hospitalier du Haut Anjou ? Le « Bébé Arthuis », initié par le mayennais Jean Arthuis lorsqu’il était ministre des finances d’Alain juppé ? L’établissement de Château-Gontier tourné historiquement vers le bassin d’emploi de Segré situé dans le département voisin et le CHU d’Angers ? Que dit-il ce rapport issu d’un contrôle que nous publions ? Que son « activité n’a pas évolué depuis 2011 » ; et les mots que l’ont peut retenir à sa lecture sont : « globalement satisfaisants », « fiabilité » mais aussi « réelles marges de manœuvre » « redressement prioritaire  » ou bien « demi teinte  ». Les mots des magistrats nantais sont tout en nuance.

- Par la chambre régionale des comptes

Le Centre Hospitalier du Haut-Anjou sur les bords de la rivière la Mayenne à Château-Gontier

Le centre hospitalier (CH) du Haut Anjou, qui a vu son assise bi-départementale confirmée par la construction du Pôle de Santé du Segréen, fait face, avec la mise en place de son groupement hospitalier de territoire (GHT) d’appartenance, à des défis majeurs de positionnement et d’organisation. Ce groupement [piloté par le centre hospitalier de Laval, NDLR] ne le rapproche pas du Centre Hospitalier Universitaire (CHU) d’Angers, son partenaire incontournable en matière de temps médical. [L’hôpital de Château-Gontier qui a toujours travaillé avec le CHU d’Angers aurait souhaité ne pas être rattaché à l’hôpital de Laval qualifié de « maillon faible » par Jean Arthuis, l’ancien président du Département, NDLR]

L’activité du CH du Haut Anjou n’a pas évolué uniformément depuis 2011 : dynamique en chirurgie, l’activité s’est affaiblie en gynécologie-obstétrique, domaine pivot et pour lequel un redressement est prioritaire.

L’activité médico-sociale reste, elle, stable avec un Centre hospitalier ayant vocation à se positionner en partenaire privilégié des structures de prise en charge des personnes âgées dépendantes.

Les processus internes (hors achats) apparaissent globalement satisfaisants et il a été constaté la qualité de l’information médicale et l’appropriation par les acteurs internes des enjeux d’un suivi fin des coûts. Seule la chaîne de la facturation reste encore perfectible. A quoi s’ajoute l’impératif d’une interopérabilité optimale des systèmes d’information au sein du nouveau GHT, tant pour le CH du Haut-Anjou que l’établissement support.

La fiabilité des informations comptables et financières appelle quelques remarques. Une comptabilité des stocks nettement déficiente jusqu’en 2015 du fait de la pharmacie et un niveau élevé de provisions sans justification que l’établissement va devoir corriger.

Depuis 2011, la situation financière du Centre hospitalier du Haut Anjou apparaît en demi-teinte. Si le chiffre d’affaires a cru pour atteindre près de 62 M€ en 2015, le taux de marge brute hors aides diminue et la capacité d’autofinancement s’est contractée d’autant. La nette augmentation des charges courantes ne s’est pas trouvée totalement contrebalancée par celles des produits.

La croissance significative des charges de personnel a accompagné celle des produits d’activité mais l’établissement doit poursuivre les efforts engagés, notamment en matière de personnel médical : approfondissement du suivi de l’activité et de la permanence des soins, sécurisation des remplacements. 

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Le besoin de financement propre, élevé sur la période en raison des investissements, a conduit l’établissement à souscrire de nouveaux emprunts, pour un montant cumulé de 26,48 M€ dont 10,3 M€ en 2015, au-delà de ses besoins réels compte tenu des provisions sans objet, avec pour conséquence un dépassement des seuils d’endettement prévus au code de la santé publique. Pour autant, l’importance de cet endettement doit être relativisée compte-tenu du niveau des provisions.

En conclusion, la chambre régional des comptes des Pays de la Loire souligne que le centre hospitalier du Haut Anjou dispose de réelles marges de manœuvre pour améliorer structurellement sa situation financière et [celle de son] bilan, et notamment le cycle d’exploitation, en optimisant tant sa chaîne de recettes que de dépenses. Potentialités renforcées par la profonde mobilisation des personnels que la chambre a pu observer tout au long du contrôle.


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L’Hôpital du Haut Anjou à Château-Gontier : « une situation financière à améliorer »

Publié le: 4 juillet 2017
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