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L’armure, comme une carapace, c’est ce qui protège. Mais, quand on brigue le poste suprême, encore faut-il savoir la percer. Il était temps. C’est ce qu’a su faire le candidat du PS, devant ses 20 000 personnes rassemblées autour de lui à Paris-Bercy, bien loin certes des 100 000 de Mélenchon, la veille Place de la République à Paris. Mais loin de la querelle des chiffres, Benoît Hamon le candidat issu de la Primaire s’est taillé un costume de présidentiable, comme l’avait fait le candidat de la primaire de 2012 François Hollande. Ce qui lui manquait jusqu’à présent.

- Par Thomas H.

Le Zénith et maintenant Bercy. En souhaitant que les promesses ne fassent pas pschitt ! Drapeau tricolore et européen côte à côte, Hamon s’est octroyé les codes du Président de la République. Ceux qui, sous la Ve, permettent de mettre en scène devant les caméras le n°1 français dans ses représentations officielles.

Le « frondeur  » a fait applaudir Hollande, Cazeneuve et Le Drian, et fait observer une minute de silence impressionnante et inédite dans un meeting, pour rendre hommage aux victimes des attentats, se parant par là-même de cette onction régalienne qui lui manquait, comme l’avait remarquer ses détracteurs.

Tenant du nous plutôt que du tout je, Benoît Hamon a réussi non seulement à mobiliser, rassembler, mais à séduire, par l’émotion, et à s’autoproclamer « Président d’une VIe République Sociale et Écologiste. » Incisif, mordant à propos de la « directive Molière » qui empêche les étrangers ne parlant pas français d’accéder aux chantiers, il a qualifié de « Tartuffe » Valérie Pécresse, Laurent Wauquier et François Fillon, rappelant les vagues d’immigrations successives qui ont permis à la France de se construire. « La France n’est pas une entreprise, je n’ambitionne pas d’être son PDG  », fustigeant « les sophistes, les bien-nés, les "sachants", et les arrogants  ».

Sans trop nommer ses adversaires, Hamon les a coulé dans un même moule, celui de l’argent qui coule et est omniprésent. « Il y a le parti de l’argent dans cette élection, il est partout, il a plusieurs visages et plusieurs partis » faisant allusion à Fillon, Le Pen, ainsi que Macron qu’il a mis dans la case droite.

« Ils ont le sens des affaires, moi j’ai le sens de l’État ! ». Le candidat du PS qui s’est désigné comme « le candidat du pour et pas du contre » a su haranguer la foule. Tout à la fois lyrique et juste. « Je me présente devant vous avec nos morts qui sont toujours vivants. Je sais que l’Histoire de la France est un bloc. Je ne confonds pas la Révolution et la Restauration, Barrès et Zola, Braudel et Mauras, les dreyfusards et les anti-dreyfusards. L’époque est à la clarté sur la filiation (...) comme si on pouvait confondre Zemmour et Cézaire !  »

Fustigeant les « institutions verticales à bout de souffle », il a prôné une VIe République pour un « futur désirable que nous devons à nos enfants », ajoutant que « tout commence aujourd’hui ! ». Rappelant la devise du Conseil National de la Résistance (CNR) « Les jours heureux  » il a expliqué que le Revenu Universel était la continuation du CNR et brocardé ce « nihilisme du Brexit, de Trump, et de Le Pen nourrissant le déclin de la République. »

Prévoyant des «  jours heureux » s’il est élu, devant les 20 000 personnes qui scandaient « Hamon Président ! » régulièrement, il a déclaré solennellement « avec moi, la République parlera d’une voix ferme et bienveillante ». Et « je n’oublierais pas le droit de vote pour les étrangers aux élections locales  » ce vieux serpent de mer, toujours promis et jamais tenu. Enfin, s’adressant longuement à la jeunesse, il a promis qu’il serait « un Président féministe » qui fera « tout pour l’égalité homme-femme  ».

Benoît Hamon, avec sa « nuque raide  » de breton est donc entré dans l’arène. Avec les autres gladiateurs, le voilà combattant. Face au peuple comme sous les romains, qui veut du pain et des jeux et c’est lui qui finalement aura le dernier mot, le dernier choix. Le pouce soit levé, soit abaissé.


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Présidentielles : Hamon dans l’arène, face au peuple, seul juge

Publié le: 19 mars 2017
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