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Premiers traits de plume pour Georges D, avec un premier article pour ce nouveau venu dans l’équipe leglob-journal. Georges D. va ausculter de façon critique la politique qui se dessine en France et en Mayenne depuis l’avènement du mouvement En Marche ! et de son leader Emmanuel Macron, devenu à 39 ans le quatrième Président de la France du XXIe siècle. Aujourd’hui, avec cette analyse sur leglob-journal, George D. s’intéresse aux investitures qui ont été accordées ou pas en Mayenne par République En Marche !. Ce que cela dit ou pas, et notamment à travers les non-dits qui sont très souvent beaucoup plus significatifs que les prises de parole officielles.

- Par Georges D.

Voilà on y est, mais pas tout à fait. Le « jury » de l’investiture la plus médiatique de la Ve République a rendu la majorité de son verdict. Jeudi 11 mai dans l’après-midi, et après de multiples tergiversations, de couacs, d’incertitudes, de balbutiements, de temporisation, et un brin d’amateurisme, Richard Ferrand, secrétaire général du mouvement, a dévoilé une liste de 428 (modifié à 427 par la suite) candidats estampillés La République en marche ! (LREM) et Modem. Ce retard semble-t-il était dû aux discussions de basse-cour avec le parti de « monsieur 6% , faiseur de roi et atout décisive dans la victoire d’ Emmanuel Macron », François Bayrou. « Celui-ci voulait le quart des sièges à pourvoir, raconte une source dans Libération, il n’en a eu que 90, dont 35 gagnables »

Après d’ âpres négociations, qui nous rappellent cette politique à laquelle Emmanuel Macron voulait se soustraire, il eu gain de cause. Il réussit « à avoir la tête  » de l’ancien conseiller de François Hollande, Gaspard Gantzer, parachuté en Ile-et-Vilaine. Il est probable que l’ancien camarade de promotion du président élu, sera remplacé par Laurence Maillart-Méhaignerie. Cette dernière est adhérente à l’UDI, mais selon, Jean-Marc Lecerf, le président du Modem en Ille-et-Vilaine, elle « partage les même valeurs. » Celle-ci était sur la liste Alliance centriste-Modem conduite par le mayennais Jean Arthuis aux dernières européennes.

Une « macron-Academy »

Sur les 19 000 à briguer une investiture de La République en marche !, seulement 427 ont été sélectionnés par le président de la commission d’investiture Jean-Paul Delevoye. Ils furent choisi, selon lui, sur la basse de « trois critères » : connaissance du programme, empathie, et capacité opérationnelle à pouvoir faire une campagne. Ainsi, on retrouve 214 femmes, 214 hommes dont 52% issus de la « société civile ».

Cette frénésie de candidature digne des plus grands succès de la Télé réalité va rester dans l’histoire ; encore plus si cette « Macron-academy » réussit à obtenir la majorité au Palais Bourbon. Ainsi on pourrait connaître le plus fort renouvellement de membres de l’Assemblée Nationale sous la Ve République.

Dans notre département seulement un seul candidat a eu les faveurs de la commission, sur la troisième circonscription, celle du Nord-Mayenne. Il faudra encore attendre mercredi la seconde liste pour connaître (ou pas) les candidats des première et deuxième circonscriptions mayennaises.

Objectif sur la troisième : la municipale de Mayenne

Sur cette troisième circonscription, c’est un parfait inconnu, Josselin Chouzy, 3e adjoint au maire de Belgeard. Agé de 39 ans, ce pompier professionnel à Laval siège au SIAEP de Commer. Celui-ci a été choisi pour le plus grand bonheur de la majorité des militants d’En Marche ! en Mayenne, aux dépens notamment de Frédéric Rivière ou de Jean-Marc Allain, le maire de Gorron que peu de militant ont vu sur le terrain.

Les militants En Marche ! louent en Josselin Chouzy sa « sympathie, sa disponibilité, et son engagement réel dans le mouvement en Mayenne. » Sa désignation a été accueillie chaleureusement par les militants actifs, qui voient en lui une personne « sincère dans ses idées », loin de l’opportunisme de certains candidats à l’investiture. Néanmoins, face à Yannick Favennec (UDI) qui se présente pour son quatrième mandat, sur cette terre acquise à la droite et au centre depuis 1958, ses chances d’élections sont minimes.

Selon certaines indiscrétions « celui-ci en est conscient », il sait qu’une victoire est quasi impossible. Après sa candidature aux dernières élections départementales de 2015 sur le canton de Lassay-les-Châteaux, cette nouvelle apparition sur la scène politique aurait pour but de « préparer les municipales de 2020 à Mayenne. ».

Une place pour le Modem dans la deuxième

Concernant les deux autres circonscriptions de la Mayenne, la commission d’investiture n’a désigné aucun des candidats qui avaient envoyé leurs CV et lettres de motivation.

Sur la deuxième circonscription, celle de Château-Gontier où le très « filloniste » Guillaume Chevrollier brigue un deuxième mandat, on attendait la protégée de Jean Arthuis, Valérie Hayer, investie, mais que nenni. Cette décision fut accueillie avec grande surprise par les militants En Marche ! qui pensaient sa nomination acquise grâce à sa proximité avec le député européen mayennais. Mais selon certains, son dévouement à l’ancien président du Conseil général de la Mayenne durant 22 ans, n’aura pas réussi à faire pencher la balance de son côté. Sa candidature semble ne pas « tenir pas la route ».

Tous semblent croire que cette circonscription a des chances d’être attribuée mercredi à Géraldine Bannier, Modem, qui ferait donc partie des cent investis Modem, dans le cadre de l’accord entre La République En Marche ! et le mouvement de François Bayrou.

Dans la première, la jurisprudence Valls

Dans la première circonscription de Laval, Emmanuel Macron semble vouloir laisser le champ libre à Guillaume Garot (député PS sortant, proche de François Hollande et de Ségolène Royal) qui n’a cessé d’envoyer des signaux de soutien au nouveau Président. Comme pour la circonscription de Manuel Valls dans l’Essonne, de Stéphane Le Foll, de Marisol Touraine, de Jean-Marie Le Guen ou encore Myriam El Khomri, l’hypothèse semble être la non-investiture d’un candidat En Marche !

Cette circonscription figurerait parmi celles pour qui La République En Marche ! « souhaite laisser un espace pour que ceux qui le souhaiteraient, sur les territoires qui ne sont pas pourvus de candidatures, puissent se manifester pour amplifier le rassemblement. »

Cette décision semble être mal digérée par Béatrice Mottier (UDI, neuvième adjointe au maire de Laval en charge de l’attractivité, de l’innovation et de la prospective UDI, conseillère départementale Laval2 et Présidente de lavalvirtual ) qui se justifie sur Twitter par le fait qu’ « elle a refusé d’aller au Modem  ». Rappelons-nous que Béatrice Mottier fut déjà éconduite de l’investiture par le groupe LR-UDI au profit de Samia Soultani-Vigneron. Apparemment donc son opportunisme, « raillé par les militants  » d’En Marche ! aurait trouvé sa limite.

Finalement cette cérémonie d’investiture, tant attendue, et qui devait nous donner de nombreuses réponses à finalement engendrer plus de questionnements. Le nouveau pensionnaire de l’Elysée qui avait ambitionné vouloir rompre avec les méthodes de ses prédécesseurs, finalement fait la même chose. Souvent moqué pour être l’héritier de François Hollande, le président d’En Marche ! vient d’étaler un des aspects les plus marquant du hollandisme, c’est-à-dire la faculté de passer des accords, des compromis pour gérer les frustrations.

Une campagne au pas de course pour En Marche !

L’épisode de la polémique avec le Modem, illustre l’échec de cette vision de la politique « prude » et dénuée de tout arrangement. Le mouvement va aussi devoir faire face à la réalité de la politique pour éviter une démobilisation de cette troupe de marcheurs souvent les plus motivés dans les comités locaux, aux aspirations parlementaires douchés.

En Mayenne, la prochaine semaine risque de donner une intonation assez intéressante pour la suite du mouvement. La première réunion de Josselin Chouzy, qui a eu lieu vendredi 12 mai, nous amène à nous demander sur qui va-t-il pouvoir s’appuyer pour faire campagne en seulement un mois ? Sur les dizaines de personnes qui étaient présentes dans son comité de stratégie ? Le comité composé de peu de personne rompu aux campagnes locales suffira-t-il à quadriller le territoire, comme les centaines de membres actifs qui composent les équipes des autres candidats ?

Il ne faut pas occulter qu’une campagne pour les Législatives est bien différente d’une campagne pour gagner le canton de Lassay. Il faut espérer pour lui que les autres candidats ajournés du département arriveront à passer au-dessus de leurs égos pour le soutenir dans ce duel inégal contre Yannick Favennec, ou les autres candidats investis. Comment penser qu’en un mois, on peut écumer les cent communes et les onze cantons qui composent la circonscription ? Et comme le dit un militant lucide « Marcher ne suffira pas ! Il faudra sûrement qu’on court comme Usain Bolt ».


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Législatives, la stratégie République en Marche ! en Mayenne - par Georges D.

Publié le: 15 mai 2017
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