Transports scolaires : «même étalée, (…) une hausse reste une hausse!»

Rien n’y a fait. A Nantes, loin des espaces ruraux mayennais, la Région a voté jeudi 20 décembre « l’augmentation » en choisissant toutefois d’harmoniser. Entre temps, on avait assisté à des prises de paroles au Conseil départemental de la Mayenne, à la publication par les syndicats d’un communiqué commun et à la mise en ligne d’une pétition qui tourne sur Change.org. Elle a déjà recueilli plus d’un millier de signatures. L’objectif, c’était pourtant de faire plier la Région en refusant l’augmentation des tarifs des transports scolaires envisagée par le Conseil Régional des Pays de Loire qualifiée d’« insupportable ». Des hausses qui apparaissent « mal venues » actuellement. Les tarifs passent de 70 à 110 € pour un enfant (+ 57 %), de 105 à 220 € pour deux enfants (+ 110 %), de 125 à 220 € pour trois enfants et plus (+ 76 %) ; bien loin de la gratuité pratiquée dans d’autres départements de France.

Par Thomas H.


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Entendu au Conseil départemental de la Mayenne le jeudi 13 décembre : «  Monsieur le Président, la loi NOtre n’oblige pas le transfert des transports scolaires du Département à la Région. Or c’est ce que vous avez décidé ! » a lancé l’ex-ministre et conseiller départemental (PS) Guillaume Garot à Olivier Richefou (UDI). Depuis le 1er septembre 2017, les Régions ont en charge les transports. « Dans l’Allier, par exemple, qui avaient décidé la gratuité des transports scolaires, il n’a pas été demandé de revenir sur cette décision… mais cela ne concerne pas manifestement notre assemblée… » a-t-il ajouté pour essayer d’entamer un débat.

Dans son intervention le conseiller socialiste faisait référence à ce département de la Région Auvergne-Rhône-Alpes. La collectivité régionale a, en effet, « délégué au Conseil départemental de l’Allier la gestion de cette compétence jusqu’en 2022, qui bénéficie à 15 000 élèves transportés gratuitement chaque année. » peut-on lire sur le site institutionnel du département de l’Allier.

Il en est de même en Haute-Garonne, « un des rares départements en France où les transports scolaires sont gratuits. Le Conseil départemental de Haute-Garonne, lit-on encore sur internet, en accord avec la Région, a décidé de maintenir la gratuité, qui représente d’importantes économies pour le budget des familles. » Sans répondre réellement sur le fond à Guillaume Garot, et sans rappeler son intervention auprès de la Présidente des Pays de la Loire, Olivier Richefou, a déclaré que « le sujet a été bien pris en compte par la Région (…) ».

C’est une hausse importante pour les mayennais des transports scolaires qui n’a donc pas ou peu généré, ce jour-là, de prise de parole de la part des conseillers départementaux de la majorité en séance publique ; à Laval dans l’hémicycle, ils sont restés particulièrement muets. Il ne s’agirait pas de laisser penser ou même d’entrapercevoir qu’il existerait un désaccord même infime avec le Président. Ou que l’on pourrait être d’accord, un tant soit peu, avec l’opposition. Ne rien dire, c’est plus facile.

« Sans aucune réserve »

Il n’en est pas de même de ceux qui soutiennent et représentent les familles en Mayenne. Comme la Fédération de Conseils de parents d’élèves en Mayenne (FCPE53) qui, nous a signifié, a souhaité cosigner « sans aucune réserve le communiqué et la pétition élaborés avec les DDEN (Délégués départementaux de l’Éducation Nationale) et les six syndicats d’enseignants ».

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Devant le tollé de l’annonce des mesures qui avaient été gardé secrètes jusqu’à la tenue d’un CDEN réuni à Laval, le Conseil régional des Pays de la Loire avait décidé par la suite d’organiser rapidement une réunion.

Elle s’est déroulée le 11 décembre avec la FCPE, l’Union départementale des associations familiales, l’Association des parents d’élèves de l’enseignement libre et des élus Villes, Département et Région.

Roch Brancour, le vice-président chargé des transports scolaires à la Région, y avait fait, dans un souci d’apaisement, plusieurs annonces.

Vouloir « amoindrir la charge pour les familles en étalant l’augmentation des tarifs sur trois ou quatre ans, avec une augmentation progressive de 10 ou 15 € par enfant et par an » relate la FCPE53. La Région a également annoncé « conditionner l’aide pour absorber la hausse des tarifs au quotient familial »

Confirmation à également été donnée au cours de cette réunion que « les personnes en RPI ne paieraient que la moitié du tarif . En fait 50 % des communes qui font partie de RPI remboursent le transport scolaire… c’est donc la petite collectivité qui supporte ce surcoût. » analyse la FCPE de la Mayenne. «Le transport scolaire s’étendra aux internes et aux apprentis, qui ne pouvaient jusqu’ici en bénéficier selon les annonces de la Région. Enfin, à titre expérimental, les bénéficiaires du transport scolaire pourront utiliser gratuitement les autocars sur le département pendant les week-end et les petites vacances. » 

« Les Mayennais paieront deux fois »

Daniel Lenoir, le conseiller départemental présent à cette réunion a indiqué selon la FCPE53, que « les départements reversent aux régions l’argent qu’ils dédiaient auparavant aux transports scolaires. Cela signifie, s’insurge la FCPE, que la Mayenne, qui avait une politique particulièrement favorable envers aux familles, reverse proportionnellement davantage à la Région que les autres départements. En d’autres termes, les Mayennais paieront deux fois l’augmentation des transports scolaires ! »

« Injustice du quotient familial trop bas ; charge reposant sur les travailleurs pauvres ; importance de communiquer bien en amont, pour que les familles puissent réellement anticiper l’augmentation »  tous ces points ont été évoqué. Ainsi que la Région qui « précipite l’harmonisation  alors que celle-ci aurait pu être concertée. Des augmentations, estime la FCPE53, qui restent inacceptables, car l’école est gratuite et son accès doit l’être aussi ».

Sur les réseaux sociaux, le vice-président mayennais Philippe Henry est intervenu pour tenter de rassurer.

Philippe Henry, maire de Château-Gontier-sur-Mayenne, Président de la Communauté de communes du Pays de Château-Gontier et Vice-Président du Conseil Régional des Pays de la Loire

Dans l’hémicycle de la Région avant le vote, le mayennais Jean-Pierre Le Scornet, conseiller régional PS est intervenu pour dire que cette augmentation reste un problème pour les familles mayenaises qu’elle soit moins brutale ou non. « (…) Même adoucie, même étalée dans le temps, cette hausse est insupportable en imputant de façon significative le pouvoir d’achat des familles. Une décision incompréhensible et douloureuse dans le contexte social et politique actuel où s’exprime la colère et la détresse de beaucoup de français. (…) Il n’y avait aucune urgence à traiter cette harmonisation des tarifs. »

Selon l’élu socialiste, « La tentative désespérée des élus régionaux de la majorité de nous faire passer cette sombre perspective pour une bonne nouvelle, au travers des mesures de dernières minutes d’atténuation et d’étalement de ces augmentations, ne trompe personne. Ils cherchent à nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Mais les Mayennais ne sont pas des  » jambons » : même lissée, même étalée, même maquillée, une hausse reste une hausse! »

Pour signer la pétition, c’est ici

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