Marie-Aimée Gaspari succède à Xavier Lefort nommé en Guadeloupe. Le préfet de la Mayenne ne sera resté que deux ans et cède sa place à une femme qui a présidé une chambre régionale des comptes celle d’Occitanie à Montpellier. Une nomination par décret présidentiel pris en conseil des ministres du 11 janvier 2023 ; un mouvement préfectoral qui intervient un mois après la publication en décembre 2022 du rapport sur la gestion du conseil départemental de la Mayenne…
Par leglob-journal.fr

Cette « conseillère référendaire » fut nommée le 9 juin 2021 à la tête de la chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie à Montpellier qui « regroupe 7 608 organismes soumis aux règles de la comptabilité publique (collectivités territoriales, établissements publics et syndicats), représentant près de 30,4 milliards d’euros d’argent public » écrivait en juin 2021 la chambre régionale d’Occitanie pour saluer sa nomination.
Marie-Aimée Gaspari, « première femme à présider la chambre régionale des comptes d’Occitanie »[…] possède à son CV « l’analyse des finances publiques locales et l’appel des jugements des chambres régionales et territoriales des comptes » soulignait aussi la biographie de la CRC.
Elle a pris ses fonctions à Montpellier en juin 2021 en étant « nommée dans un contexte de réforme stratégique des juridictions financières conduite sous l’impulsion de Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes. Cette réforme a notamment pour objectifs de renforcer la capacité des chambres régionales des comptes à évaluer les politiques publiques locales […] »
La voilà depuis ce 11 janvier 2023 dans la liste des préfets de la Mayenne, dans la lignée de ces femmes préfètes qui ont éclairées la fonction en féminisant le rôle. Comme Jeanine Pichon, première femme nommée en Mayenne en 1997, qui mis en place une campagne innovante pour lutter contre les accidents mortels en Mayenne. Ou Fabienne Buccio, nommée en 2007, et qui réussira à faire infléchir le président du conseil départemental de l’époque à propos du désert médical qui commençait à se répandre en Mayenne. Ou bien encore Corinne Orzechowski qui restera en poste de janvier 2012 à juin 2013, un an et demi seulement avant d’être nommée directrice de cabinet en août 2013 du ministre délégué à l’Agroalimentaire Guillaume Garot, jusqu’au 31 mars 2014 pour devenir en juillet préfète de la Sarthe. C’est donc la quatrième femme accédant à cette fonction de représentation de l’Etat en Mayenne.
Le Préfet avec le Service de la légalité, est chargé, depuis les lois des 2 mars et 16 juillet 1982, dite de Décentralisation instaurées par Gaston Deferre, de contrôler les actes des collectivités qu’elles soient communales ou territoriales, leurs établissements et tous les organismes en charge de fonds publics. Le représentant de l’État s’assure donc de la conformité à la loi des actes pris par les collectivités territoriales et certains établissements publics. Sur ce point précis, de la gestion du conseil départemental de la Mayenne depuis les années 2016 et suivantes le rapport de la chambre régionale des comptes des Pays de la Loire révèle que pour la « sécurisation des actes juridiques » , un « nombre de lettres d’observations émises par la préfecture à l’occasion de son contrôle de légalité est relativement élevé pour une collectivité de cette taille » .
A propos du « sponsoring nautique » , le président du Département l’écrit au Président de la chambre : « Ce sujet n’est pas neuf et a donné lieu à des échanges argumentés avec le Contrôle de légalité de la Préfecture de la Mayenne. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas débouché sur la saisine du juge administratif par le Préfet de la Mayenne. » .
Un grand pouvoir, pour quelle grande responsabilité ?
« Les préfets ont de plus en plus de pouvoir(s) » constatait en octobre 2020 leglob-journal.fr dans un papier intitulé Le Préfet, cette création bonapartiste réactivée. Il est vrai qu’on sortait d’un épisode où les prérogatives du préfet avaient été accentuées par le pouvoir central. « En 2017, à la suite de l’instauration de l’état d’urgence pour la lutte contre le terrorisme, des lois ont été mises en place pour fondre dans le droit ordinaire des dispositions relatives à la fermeture de lieux de culte, à des mesures de surveillance individuelles, aux périmètres de protection lors d’événements publics, entre autres. » Les fameuses perquisitions administratives avaient fait polémique.
« La grandeur de vue du « serviteur public au service de l’intérêt général » lui permettrait de se conformer aux décisions de ceux qui se trouvent au dessus de lui. Principe premier : exécuter. Règle numéro deux : incarner la délégation de pouvoir, et se comporter en courroie de transmissions de décisions politiques.
Un préfet peut décider souvent seul. Mais il arrive aussi qu’il se fasse influencer et se montre plus attentif aux sollicitations des politiques locaux qui ont tout intérêt à le transformer en « suiviste ». « Il vaut mieux avoir le Préfet dans sa poche » entendons dire souvent. En retour, ces derniers n’ont-ils pas intérêt à ce que leur présence dans le département de la Mayenne, point de chute pour trois années consécutives (en principe), se passe sans véritable anicroche ? » ◼
