La qualité de l’eau inquiète fortement la FE 53 – par Thomas H.

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FE 53 en Assemblée générale à Athée en Mayenne – image leglob-journal.fr

L’eau, avec les pesticides et les métabolites qu’elle contient, sera un dossier phare en 2025 pour ces infatigables défenseurs de l’environnement. La FE 53 devient incontournable ; elle a vu son agrément renouvelé par la préfecture de la Mayenne en juin 2024. Les 1500 adhérents des vingt-huit associations qui sont regroupées dans la Fédération pour l’Environnement 53 ont à cœur la défense de la biodiversité pour le bien commun. En toutes circonstances.


Par Thomas H.


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C’est en somme une légitimation… « Ce renouvellement d’agrément pour cinq ans par les autorités préfectorales, c’est en fait la reconnaissance de notre travail...

Nous sommes reconnus dans le fondement principal de la défense de la biodiversité… » analyse le président de la FE 53. D’ailleurs, et c’est nouveau, constate Jean-Marc Lalloz, « les porteurs de projets, sur les méthaniseurs par exemple, viennent nous voir en amont, pour éviter d’aller au tribunal…« 

Les thématiques qui questionnent la Fédération pour l’Environnement en Mayenne ne manquent pas. On les retrouve dans des « groupes de travail » au nombre de six : Énergie (photovoltaïque, méthanisation, éolien, nucléaire…), Carrières (extensions, compensations, comités de suivi de site…), Eau (ressource, pollution, continuité écologique…), Chemin et bocage (haies, aliénation des chemins…), Industrie (agroalimentaire, élevage…) Sans oublier le groupe de travail Communication qui s’occupe du site internet, comptes rendus, et convocations…)


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L’Assemblée générale dans la « salle des loisirs » d’Athée – image leglob-journal.fr

La fédération pour la défense de l’environnement 53, avait choisi la commune d’Athée, près de Cossé- le-Vivien pour dérouler son AG. Un lieu symbolique parce qu’une association La voix de la RD 771 y a vue le jour en juillet 2024. Ses adhérents ont dans le collimateur un projet de construction d’une deux fois deux voies, sur la Route départementale 771, « pour un montant initial de 67 M€, mais le devis du conseil départemental a été revu à la baisse, il est actuellement de 30 M€  » indique Alain Roussard, secrétaire adjoint de FE 53 qui interroge : « Cossé Craon et Craon Renazé, deux tronçons de 1,5 km, un projet d’une telle ampleur financière est-il nécessaire ?  » ajoute-t-il.


Toujours le « tout route »


« Nous avons encore à faire au vieux schéma archaïque du Tout Route qui est encore bien présent dans les esprits » des décideurs politiques, analyse Jean-Marc Lalloz, le président de FE 53. Mais grâce à des « ateliers de concertations qui ont été mis en place, l’idée de la deux fois deux voie a été abandonnée dans ce projet… il y a eu des sensibilisation à la notion d’emprise des terres… et cela a fonctionné… » remarque Alain Roussard.


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Debout : Philippe Moreau et Alain Roussard Secrétaires adjoints FE 53 et Isabelle Dreyfus administratrice FE 53 – Assis : Jean Marc Lalloz Président et Benoît Duchenne Secrétaire de FE 53 – ©️ leglob-journal.fr

Autre dossier, l’extension de la carrière Lafarge-Holcim, de Marginé-Peuton. 25 hectares envisagés. La Fédération pour l’Environnement 53 a toujours contesté cette extension. L’affaire est depuis un an devant le Tribunal administratif selon Benoît Duchenne, le secretaire de FE 53 qui précise « Après avoir déclaré qu’il n’en tiendrait pas compte, finalement Lafarge-Holcim a cessé toute activité sur la carrière pour ne pas avoir sans doute à remettre en état les lieux s’il avait continué à exploiter… Une seule personne est sur place sur la carrière et l’exploitation est à l’arrêt actuellement… 44 espèces protégées ont été répertoriées et on se bat pour y sauvegarder les zones humides » . « Quant à la collectivité de Château-Gontier elle s’active sur l’eau » , fait remarquer Alain Roussard. « A la FE 53, on ne remet pas en cause l’emploi induit et l’activité, mais il faut que l’environnement soit respecté et qu’il soit concilié avec l’Économie » lance son président.

De ce point de vue là, Jean-Marc Lalloz insiste sur le dossier épineux de l’eau qu’il met sur la table pour cette année 2025. Ce sera un des dossiers majeurs.


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Actuellement, l’eau est devenue vitale, et même si majoritairement elle circule partout.. les pesticides et les métabolites qu’elle contient ont des effets cocktail néfastes sur notre santé… » – Jean-Marc Lalloz


« En plus, ajoute-t-il, cela fait aussi trois ou quatre ans qu’on s’inquiète de la restriction du droit de l’Environnement et de la modification des enquêtes publiques au nom de la réindustrialisation de la France. » .


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Tonnage des produits « phytosanitaires » achetés , en fait des pesticides employés en Mayenne en 2022 – Source Générations futures

Les énergies renouvelables, comme les panneaux photovoltaïques qui fleurissent dans les campagnes interrogent aussi la FE 53 qui donne comme exemple le secteur de Bouère en Mayenne. « Il y est question d’implanter sur le sol des panneaux sur une surface de 60 hectares au total » souligne Isabelle Dreyfus administratrice FE 53 et membre de l’association Entre Taude et Bellebranche. A notre avis les parcelles de terres occupées par des panneaux qui laissent les animaux brouter dessous les installations ne doivent pas excéder 20% de la surface de la ferme » avance Alain Roussard.


Les odeurs et une occasion manquée sur l’eau


En 2025, l’usine de la SAS PFC (Poultry Feed Company) de Vaiges, cette « usine de traitements de co-produits de volailles pour produire des protéines animales et des graisses à partir de plumes, de viandes et de sang issus de plusieurs abattoirs du groupe LDC » devrait encore occuper les esprits de la FE 53. A l’occasion de son inauguration Jean-Marc Lalloz avait signé un papier dans leglob-journal.fr qui analysait « l’occasion manquée, en matière de transition écologique, d’installer un système vertueux de récupération de l’eau pour faire vivre l’usine en autonomie » Jean Marc Lalloz écrivait : « Les besoins en eau seront couverts par un prélèvement annuel de 70 000 m3 sur le réseau de production d’eau potable soit une moyenne de 245 m3 par jour d’activité avec un maximum de 300 m3, un volume très significatif au regard des capacités de fourniture locale et susceptible d’imposer des choix difficiles en période d’étiage entre les usagers et le site. » .

En 2024, une annulation de l’autorisation d’exploiter a été rendue par la justice laissant penser que la charrue avait été mise, en quelque sorte, avant les bœufs… « On en est à la quatrième enquête publique pour une régularisation, relate Benoît Duchenne. Pendant ce temps là, la filière sang de l’usine continue de fonctionner avec ses odeurs que les promoteurs n’arrivent pas à neutraliser… » Une réunion devait avoir lieu début février en Préfecture avec le co-fondateur de la Fédération pour l’Environnement 53 « Roger Godefroy,, le patron de LDC, et la Préfète de la Mayenne » . Agir sur le vivant n’est donc pas sans conséquences… ⬛


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