« Comment était-ce possible de revenir quinze ans en arrière ? » – Premier roman

Premier roman de Monia Zouari-Sockalingum


Mathilde, la deuxième chance, c’est le titre du roman de cette mayennaise pour qui « l’écriture est à la fois une nouvelle expérience et une possibilité d’évasion.» Leglob-journal en publie quelques extraits.

« J’aime qu’on me raconte une histoire et c’est ce que j’essaie de faire en écrivant à mon tour. Pour info, mon deuxième roman est déjà en bonne voie… » nous dit, enthousiaste, Monia Zouari-Sockalingum, cette jeune femme née d’un père d’origine tunisienne et d’une mère française et qui vit en Mayenne.

Logique, comme elle le dit qu’elle « aime la gastronomie tunisienne et les paysages tunisiens. J’ai aussi une vraie passion pour le monde anglophone« , raconte celle qui vient de publier son tout premier roman et qui cherche à se faire connaître. Professeure agrégée d’anglais, elle a beaucoup voyagé : les Etats-Unis, l’Irlande, l’Ecosse,  le Canada, l’Australie, Monia Zouari-Sockalingum aime d’ailleurs lire dans la langue de Shakespeare et regarder depuis la Mayenne « les news en anglais » tout en transmettant sa passion à ses élèves au collège Sainte Thérèse à Laval. Diplômée de l’École supérieure des sciences économiques et commerciales (ESSEC), elle dit d’elle facilement qu’elle est « d’un naturel optimiste » et ajoute : « je suis spontanée ! J’aime la découverte, d’autres cultures, de nouvelles expériences : l’écriture est à la fois une nouvelle expérience et une possibilité d’évasion… »

Voici donc un extrait de son premier roman que son éditeur définit comme un « roman sentimental« . Dans l’histoire que Monia Zouari-Sockalingum aime à raconter, l’héroïne qui s’appelle Mathilde voit sa vie d’avant basculer quand elle se rend compte, dans la vie d’après, que son mari et son fils ont disparu…


Un filet de soleil lui réchauffa la joue. D’ordinaire, elle se levait dès les premiers rayons du soleil, elle avait horreur de traîner au lit. Toujours plein de choses à prévoir. La promesse d’une journée bien remplie. Elle adorait se lever avant les garçons. Établir sa check-list pour la journée tout en prenant son thé. C’était d’ordinaire agréable d’être réveillée par la douceur du soleil, d’embrasser Raphaël, de lui dire de prendre son temps, de déposer un baiser sur le front du petit Tom dans la petite chambre adjacente à la leur, pour ensuite avoir tout le loisir de profiter seule tranquillement des premières minutes de la journée. D’ordinaire oui, mais pas là. Elle se sentait fatiguée, lourde, son autre joue écrasée dans son oreiller. Elle se retourna avec difficulté, peina à ouvrir les yeux.

Qu’avaient-ils fait hier soir ? Elle commença à s’éveiller et pourtant ses pensées d’ordinaire si vives, étaient floues et lointaines.

(…)

Sa mère la trouvait bizarre, mais pour Mathilde c’était tout ce film qui était surréaliste… Sa mère était beaucoup plus jeune, portant ce même petit carré dégradé, du temps où Mathilde était étudiante ! Tout ça semblait tellement incroyable, mais c’est ce qui se passait sous ses yeux.

Monia Zouari-Sockalingum, chez elle en Mayenne – © Photos collection privée

(…) Elle se rendit dans la salle de bains, se regarda dans le miroir et se retrouva face à face avec la jeune fille de vingt ans qu’elle avait été quinze ans plus tôt. Les traits beaucoup plus poupins, ses cheveux pas encore éclaircis et beaucoup plus longs qu’aujourd’hui. Comment était-ce possible de revenir quinze ans en arrière ? Pourtant elle ne rêvait pas, elle était bel et bien tombée, elle avait mal au front et elle venait de discuter avec sa mère beaucoup plus jeune dans sa chambre de jeune fille, non tout ça était bien réel, aussi étrange que cela puisse paraître. L’almanach sur son secrétaire indiquait le 17 février 1990. (…) « 


Mathilde, la deuxième chance, le roman de Monia Zouari-Sockalingum, est paru aux Editions Sydney Laurent.



J’adhère – Je fais un don

Commenter cet article